L'inauguration du Tram déraille

Frédéric Crouzet

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Le voyage inaugural du tramway T4, organisé hier matin entre Vénissieux et Lyon 8e, aura été un peu plus court que prévu. Une centaine d'employés de Keolis Lyon, qui exploite le réseau TCL, se sont massés sur les voies boulevard des Etats-Unis, empêchant la rame bondée d'élus d'arriver à son terminus et grippant le bon déroulement de la « fête ». A leur descente du tram, Bernard ­Rivalta, président PS du Sytral, André Gerin, maire PCF de Vénissieux, Gérard Collomb, maire de Lyon (PS) et Bernard Tabary, directeur de Keolis Lyon, ont été pris à partie. « Touchez pas à nos acquis », scandaient, sous des drapeaux CFDT et CGT, les grévistes qui protestent contre le plan de « refondation sociale » actuellement en négociation.

Rapidement, le ton monte. Les élus communistes sont accusés de « participer à la casse du service public ». Quelques oeufs sont jetés, dont un s'écrase sur la veste de Christian Coulon, maire (PS) du 8e. Des policiers en civils et des CRS doivent escorter les élus jusqu'à un chapiteau, où les discours officiels sont copieusement sifflés. Jacky Algrand, délégué CGT, est finalement invité à s'exprimer à la tribune. « On a demandé à être reçus par les élus et on n'a jamais eu de réponse. Alors on est venu ici. Les traminots ne se retrouvent pas dans le nouveau statut social qui leur est proposé ». « On nous demande plus de flexibilité alors qu'on gagne 1 300 euros par mois et que le groupe fait des bénéfices », raconte un conducteur de la ligne C3. « La ligne T4 a créé 80 emplois », rétorque Bernard Rivalta, président du Sytral. Le mouvement de grève entamé hier se poursuit aujourd'hui, avec des perturbations attendues à partir de 16 h. W