L'art flotte, qui l'eût cru ?

Sandrine Boucher

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Un énorme « doudou » rose géant flotte sur le Rhône, à la hauteur de la passerelle du Collège. Plus loin, un immense fauteuil « club » et un sac à main tout aussi gigantesque. Ces objets du quotidien semblent s'être abandonnés à la force d'une crue imaginaire. Performance ? Pas seulement. Quiétude, l'oeuvre éphémère de Jacques Rival, visible jusqu'à dimanche à Lyon, vise à faire ressortir le souvenir des inondations. Cette campagne, pour le moins inhabituelle a été imaginée par les services de l'Etat en charge de la prévention du risque, et ses partenaires du plan Rhône.

« Les Lyonnais doivent prendre conscience que la protection de leur ville dépend de l'inondation des champs autour de l'agglomération. Et qu'une crue exceptionnelle est toujours possible, y compris à Lyon », indique Isabelle Allard, chargée de mission à la direction régionale de l'environnement Rhône-Alpes, cheville ouvrière du projet. Le constat est clair : en matière de risques, les informations techniques ne suffisent pas. Les messages de prévention habituels (« Attendez-vous au pire ») se heurtent au déni des riverains. D'où le recours aux artistes pour travailler sur la mémoire des habitants, leur savoir sur les crues, et toucher les cordes sensibles.

« Il s'agit de donner à voir, de faire ressentir le danger sans asséner un discours alarmiste. Quiétude, par exemple, est une interpellation forte dans une ville qui ne connaît plus les inondations », précise Isabelle Allard. L'installation est l'un des cinq événements culturels qui s'échelonneront jusqu'en novembre, de l'Ain à la Camargue, avec un épicentre à Lyon. W

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