Le T4 inauguré par une grève

Sandrine Boucher

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Hier matin, Bernard Tabary, directeur général de Keolis-Lyon (qui exploite le réseau TCL), estimait à 25 % seulement les chances de parvenir à un accord dans l'après-midi avec les syndicats et lever le préavis de grève de lundi. Son pessimisme était justifié. La discussion, au bout d'une heure, a tourné court. La nouvelle ligne de tramway T4 (qui reliera Jet-d'eau-Mendès-France à Vénissieux), sera donc inaugurée par une journée de grève, la troisième depuis le début de l'année. Les deux précédentes s'étaient inscrites dans les mouvements nationaux des 29 janvier et 19 mars.

Cette fois, le conflit porte sur des points du projet de refondation sociale, en négociation depuis juin dernier, qui doit se substituer aux anciens accords d'entreprise, soit « 300 textes complexes, inéquitables, inadaptés », selon la direction. Les syndicats y voient surtout « une perte des acquis sociaux ». « Cette opération va offrir 7 millions d'euros d'économies à l'exploitant, ce qui lui permettra de faire bonne figure lors de la remise en jeu du contrat de concession, en janvier 2010 », dénonce Sylvain Husson, de SUD. La grève gâchera-t-elle l'arrivée du T4 ? Les syndicats espèrent que le mouvement bloquera la ligne. Bernard Tabary, qui rappelle que son lancement a généré l'embauche de 80 personnes, affirmait hier : « Le tram T4 roulera le 20 avril, quoi qu'il arrive. » W