Des automobilistes encore freinés par le GPL

Wilfried Lacour

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Rouler à plein gaz peut coûter quelques centaines d'euros, mais pas seulement en amendes pour excès de vitesse. Depuis début mars, les automobilistes du Rhône peuvent équiper leur voiture au GPL (gaz de pétrole liquéfié) pour 300 euros dans le cadre d'une expérimentation conduite par le Comité Français du Butane et du Propane (CFBP). Egalement en test dans quatre autres départements, cette opération a pour but de démocratiser ce système d'alimentation qui émet 20 % de C02 en moins et permet d'économiser 30 % à la pompe. « Seuls les véhicules qui ont entre un et trois ans et qui émettent moins de 160 g de CO2 par km peuvent bénéficier de cette offre grâce au bonus écologique », précise Joël Pedessac, directeur général du CFBP.

Dans le Rhône, 16 244 véhicules essence des six marques les plus courantes du marché automobile français sont visés par cette campagne. Contactés par courrier, leurs propriétaires semblent encore frileux à adopter la conduite au GPL. Seule une quarantaine de contrats ont été signés à ce jour auprès des quatre installateurs du département agréés par le CFBP. Ce faible attrait s'explique notamment par la crainte - pourtant écartée - que le véhicule explose en cas d'incendie. « L'explosion d'une voiture équipée d'un réservoir au GPL à Vénissieux en 1999 nous a fait du tort », reconnaît Francis de Azevedo, qui en un mois et demi, a effectué 5 installations et pris 15 autres commandes au garage Genevois Autoservices de Lyon. Autre inquiétude des usagers : tomber en panne sèche s'ils ne trouvent pas de station-service équipée avec ce type de carburant. Une hypothèse pourtant impossible aujourd'hui puisque tout véhicule équipé d'un système GPL conserve un réservoir traditionnel. « Le changement de mode est automatique. S'il n'y a plus de GPL, la voiture consomme de l'essence », poursuit l'installateur. En cas de succès, l'équipement au GPL pour 300 euros pourrait être généralisé à toute la France dès le mois de juin. ■