Quatre ans de mobilisation dans les écoles

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A Lyon, la mobilisation des parents d'élèves contre les antennes-relais s'est en quelques années transformée en un véritable feuilleton à rebondissement. L'affaire a lentement commencé à l'école Victor-Hugo en 2005 et s'est accélérée fin 2007 lors d'un dramatique épisode : la découverte de deux cas de leucémie sur des élèves de cet établissement des Pentes de la Croix-Rousse (1er). Aucun lien scientifique n'est alors établi entre ces maladies et la présence de deux antennes sur le toit de l'école, mais la mairie de Lyon intervient auprès de l'opérateur « au titre du principe de précaution » pour faire retirer les installations. Trop tard.

La peur s'est déjà propagée dans d'autres établissements situés à proximité d'une antenne, dont l'école Gerson. Les parents se mobilisent, alertent la mairie, qui pour calmer le jeu, intervient une nouvelle fois à l'été 2008 auprès de l'opérateur. Bouygues accepte alors de changer l'orientation de l'antenne qui domine la cour de récré. Mais cela n'apaise pas les parents, inquiets des « malaises, maux de tête et saignements de nez à répétition » observés sur plusieurs élèves. Certains refusent même pendant un temps que leurs enfants aillent jouer dans la cour, « trop exposée ». « Devant les doutes sur les méfaits des ondes électromagnétiques sur la santé, nous demandons juste que nos enfants soient protégés », explique Jean-Michel Dhimoïla, un membre du collectif Respem qui a décidé de retirer sa fille de Gerson l'an prochain. Comme lui, une dizaine d'autres familles ont pris la même décision en raison de la présence de l'antenne, si bien que « plusieurs classes de l'école risquent de fermer à la rentrée », selon les parents. « Une seule classe est concernée », corrige la mairie de Lyon, qui ajoute : « Plusieurs raisons peuvent inciter les parents à changer d'école. » ■ E. F.