Procès en vue pour Bouygues

Elisa Frisullo

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Les parents de l'école Gerson (5e) mettent leurs menaces à exécution. Faute d'avoir pu trouver un terrain d'entente avec Bouygues Telecom, propriétaire de l'antenne relais qui surplombe la cour de récré de leurs enfants, ils devraient, selon nos informations, engager cette semaine une procédure judiciaire contre l'opérateur. Après avoir un temps envisagé de l'assigner devant le tribunal de grande instance de Nanterre, où Bouygues a déjà été condamné dans une affaire similaire, ils ont finalement dû se résoudre à faire appel à la justice lyonnaise (lire encadré).

Leur avocat doit demander dès aujourd'hui au président du tribunal de grande instance le droit d'assigner Bouygues à jour fixe. « Il s'agit d'une procédure plus rapide que les assignations ordinaires qui nous permettrait de voir l'affaire examinée en urgence », indique Franck Heurtrey, qui représente vingt et une familles de Gerson. Une trentaine d'autres parents, membres du collectif Rassemblement pour des écoles sans pollution électromagnétique (Respem) se sont également joints à la plainte, sans attendre la tenue, le 23 avril à Paris, du « Grenelle de la téléphonie mobile ». « Nous n'en attendons rien. Comme tous les Grenelles, celui-ci ne fera rien avancer », déplore un membre du collectif Davy Besson, soucieux que la justice permette enfin aux parents d'arrêter le combat mené depuis deux ans pour obtenir le retrait des antennes près de l'école. Une affaire qui pourrait être jugée rapidement si l'urgence de la plainte est reconnue par le tribunal. Le cas échéant, les parents pourraient attendre plus d'un an pour voir Bouygues assigné devant la justice. ■