Une rénovation écologique qui a la patate

— 

Des pommes de terre leur servent à fabriquer de la peinture murale. Pendant ces vacances de Pâques, sept jeunes Villeurbannais âgés de 16 à 21 ans, tous volontaires, rénovent avec des produits naturels un appartement de 85 m2 situé dans la Cité Saint-Jean. Ce chantier d'utilité sociale est organisé par la municipalité de Villeurbanne, dans le cadre de la Semaine du développement durable, en lien avec les centres sociaux et la Maison des jeunes et de la culture locale. La plupart du temps, les jeunes sont sollicités par les entreprises en contrat avec la mairie pour des travaux d'entretien qui ne nécessitent pas de qualification. Mais cette année, l'Office HLM a décidé d'innover en leur proposant de repeindre un T4 grâce à des recettes de grand-mère, que l'on peut facilement reproduire chez soi.

Le salon va ainsi être enduit à la chaux, et les murs d'une chambre seront recouverts avec un mélange de pommes de terre et de craie. Des matériaux créés et appliqués par les jeunes apprentis-artisans, qui bénéficient des conseils d'un professionnel travaillant avec Oikos, association spécialisée dans la formation à l'éco-rénovation.

« Certains d'entre eux bricolent déjà et ça peut leur donner des idées pour plus tard. En outre, ils en parlent à leurs parents, qui peuvent être intéressés », estime François Leroux, responsable du pôle Renseigner/Eduquer à Oikos. Cet exercice pédagogique n'est donc pas destiné uniquement aux adolescents impliqués dans la réalisation du projet. Avec ce logement témoin, les différents partenaires comptent sensibiliser les habitants du quartier aux avantages de l'éco-construction en termes de santé, d'économies et d'environnement. Ainsi, pour repeindre une pièce de 25 m2 à la chaux, l'achat des matières premières coûte seulement 60 euros. Autre intérêt, ces produits n'émettent aucune vapeur toxique. A partir du 5 juin, les habitants pourront visiter « l'appartement durable », qui sera reloué en l'état au mois de septembre ■ Wilfried Lacour