Des mauvaises odeurs à l'appel

Frédéric Crouzet

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A Saint-Fons, dans le quartier de la gare, flottent souvent de tenaces effluves de vanille. Ils ne proviennent pas d'un pâtissier, mais de l'usine Rhodia, spécialisée dans la fabrication chimique d'arômes. A partir d'aujourd'hui, les riverains, comme tous les habitants du Grand Lyon, peuvent signaler les émanations désagréables de leur quartier (lire encadré). Le réseau Respiralyon, chargé de lutter contre les pollutions olfactives, vient d'ouvrir au public sa plate-forme téléphonique, jusque-là réservée à ses deux cents « nez », des correspondants formés à la détection des odeurs.

« Il s'agit de faire participer les citoyens à l'amélioration de leur environnement. Les signalements sont traités en temps réel et transmis aux industries pour qu'elles en prennent compte », explique Frédéric Bouvier, directeur du Coparly, le réseau de surveillance de l'air. Quatre entreprises émettrices d'odeurs, dont Rhodia et la raffinerie de Feyzin, se sont ainsi engagées à réduire leurs nuisances. « Il y a déjà du mieux. Il y a moins d'émanations venant des stations d'épuration », note Michel Reppelin, président de Respiralyon, dispositif créé à la suite de l'épisode olfactif du 16 mai 2002, ressenti dans toute l'agglomération. Les pompiers avaient reçu des milliers d'appels. Malgré une enquête, l'origine des odeurs n'avait jamais été identifiée. ■