Lyon : « Décision lamentable » ou « justifiée », l’interdiction des terrasses chauffées divise les consommateurs

VOTRE VIE, VOTRE AVIS La ville de Lyon n’a pas attendu le mois d’avril pour mettre fin aux terrasses chauffées

Caroline Girardon
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A Lyon, le 28 novembre. Les terrasses du Vieux-Lyon désertes après l'interdiction du chauffage extérieur.
A Lyon, le 28 novembre. Les terrasses du Vieux-Lyon désertes après l'interdiction du chauffage extérieur. — Romain Doucelin/ Sipa
  • Depuis le 1er novembre, les terrasses chauffées sont désormais interdites à Lyon.
  • Une décision qui divise les consommateurs.
  • Si certains estiment qu’il s’agit d’une mesure « justifiée » pour lutter contre le gaspillage énergétique, d’autres redoutent de devoir se réfugier à l’intérieur des établissements en pleine recrudescence de cas de coronavirus.

L’annonce en a surpris plus d’un. La semaine dernière, la mairie de Lyon a confirmé que l’ère des terrasses chauffées était bel et bien finie sur l’ensemble du territoire. L’interdiction est effective depuis le 1er novembre. Les écologistes ont pris les devants, préférant appliquer la mesure dès cet hiver alors que l’interdiction nationale, inscrite dans la loi climat, a été reportée au mois d’avril pour tenir compte de l’impact de la crise sanitaire sur les bars et les restaurants. « Une procrastination de l’État », estime le maire EELV Grégory Doucet, rappelant que les dispositifs chauffants en terrasse, seraient responsables de l’émission de 500.000 tonnes de C02 par an en France.

En réalité, cette décision, passée inaperçue, a été actée le 28 juillet par le biais d’un arrêté municipal. Elle faisait partie des promesses de la campagne électorale. Si certains établissements ont déjà pris le pli, les consommateurs qui ont répondu à notre appel, eux, restent partagés entre le sentiment qu’il s’agit d’une mesure de « bon sens » et la frustration de devoir changer leurs habitudes.

« On ne s’attaque jamais aux véritables pollueurs »

« C’est nul car on veut nous parquer à l’intérieur. Mais avec le Covid-19, ça sera pire », peste Sophie. « C’est une attitude lamentable en plein essor [de la 5e vague] du coronavirus, abonde Jacqueline. L’écologie reste bien loin du bon sens commun. » « On ne s’attaque jamais aux véritables pollueurs », déplore Kaïs estimant que les « petits commerçants qui dynamisent le centre-ville seront encore les plus impactés ». Et d’ajouter : « Cette volonté de toujours tout interdire aux gens ne va pas dans le bon sens. Bientôt, ils penseront que la température d’une maison ou d’un appartement en plein hiver ne devra pas excéder 10 degrés ! ».

Gabrielle indique qu’elle ne « changera pas ses habitudes » et que cette interdiction est, selon elle, « un mal nécessaire ». « J’attendrai les beaux jours pour aller boire un verre en terrasse. Et non, je n’irais pas lors de nuits froides et glaciales », répond de son côté Manon. Arnaud admet que « cette décision est difficile » mais « paraît pleinement justifiée ». « Il est aberrant de brûler du gaz fossile pour réchauffer l’atmosphère. Nous devons nous habituer à notre environnement ». Lui mettra un pull et « commandera des boissons chaudes » pour continuer d’aller consommer en terrasse.

« Chauffer les terrasses est une aberration »

« C’est une bonne chose que cela soit interdit. Chauffer les terrasses est une aberration sans nom, réagit Stéphane. C’est un gaspillage et rien d’autre. » Nicolas estime lui aussi que la décision est « justifiée ». « Quelle aberration de surchauffer la planète dans le but d’une surconsommation toujours plus forte. Bientôt les climatiseurs dans les rues en plein mois d’août ? », questionne-t-il ironiquement. Pour Olivier, tout est une « question d’habitude ». « J’étais à Francfort, il y a deux semaines. Ils faisaient 6 ou 7 degrés mais les gens s’installaient sans problème en terrasse pour déjeuner ou prendre un verre », raconte-t-il.

Pour compenser les éventuelles pertes de chiffre d’affaires des commerces, la mairie de Lyon a promis aux professionnels une extension de leur surface de terrasse pour la période estivale.