Lyon : Le téléphérique « est un vrai moyen de lâcher la voiture » pour ses défenseurs

TRANSPORT Le collectif « Libre comme l’air » entend peser dans les débats lors de la concertation publique sur le projet de téléphérique de Lyon qui a débuté lundi

Caroline Girardon
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Le projet de télécabine à Lyon suscite toujours autant de débats
Le projet de télécabine à Lyon suscite toujours autant de débats — F. Tanneau/AFP

Une télécabine pour désengorger l’ouest lyonnais et le relier plus rapidement au centre de Lyon est-elle la solution idéale ? Depuis plusieurs mois, de nombreuses voix s’élèvent contre le projet phare des écologistes. Des citoyens ont lancé un collectif baptisé Touche pas à mon ciel pour défendre leurs territoires. Les mairies de La Mulatière et de Sainte-Foy-lès-Lyon, concernées par l’éventuel tracé, partagent la même ligne de défense. Vent debout contre le projet, elles organiseront le 28 novembre, un référendum local sur le sujet, qui n’aura sans doute aucune valeur légale mais qui permettra de prendre le pouls des administrés.

Aux antipodes de tout cela, d’autres citoyens et élus, plus discrets jusque-là se sont réunis depuis le mois de septembre au sein du collectif Libre comme l’air. Ils entendent désormais profiter du lancement de la concertation publique (voir encadré) pour peser dans les débats. Et défendre un projet qu’ils jugent « indispensable ».

La Mulatière complètement enclavée

« Actuellement il n’y a aucune liaison qui permette de relier le haut et le bas de La Mulatière, déplore Olivier Mesnard, l’un des porte-paroles du collectif mais aussi élu (gauche écologiste) d’opposition. On peut difficile faire le trajet à pied ou à vélo. Le métro E ? Il ne desservira pas la ville qui est l’une des plus polluées de France. » L’homme rappelle que la liste à laquelle il appartient anime un groupe de travail sur le projet de liaison par câble depuis 2011. La télécabine telle qu’imaginée aujourd’hui ne contentera pas tout le monde. « Il y a des points négatifs », reconnaît-il mais c’est la solution qui a selon lui, « l’avantage de ne pas prendre de places aux voitures ».

« Aujourd’hui, La Mulatière est très mal reliée au reste de l’agglomération lyonnaise. Elle est traversée continuellement par un flot de voitures provenant du sud, de l’ouest et de l’est. Si l’on met un bus à haut niveau de service, on sait pertinemment qu’il prendra une voie de circulation aux voitures… », argumente-t-il.

«La municipalité de Sainte-foy-lès-Lyon alimente les peurs»

Monique Cosson, ancienne élue écologiste de Sainte-Foy-lès-Lyon à l’origine du collectif, estime que le recours à la télécabine « est un vrai moyen de lâcher la voiture ». Voitures que les automobilistes plébiscitent, faute de transports en commun à l’exception d’interminables et rares lignes de bus.

« Aujourd’hui, nous sommes face au rouleau compresseur de la municipalité qui alimente les peurs et remet en cause ce projet sans même présenter d’arguments raisonnables ou étudiés », accuse-t-elle. Et de rappeler : « Le téléphérique ne doit pas être pas être vu comme une alternative au métro E, qui de toute façon ne suivra pas le même tracé. »

Deux projets complémentaires mis en concurrence

C’est bien là tout le problème. Le Sytral, qui a pourtant doublé son budget d’investissements, ne pourra pas tout financer. Les deux projets, qui s’avèrent complémentaires, se retrouvent par la force des choses en concurrence. Si la télécabine permettrait de désenclaver La Mulatière ou Francheville, elle ne sera d’aucune utilité pour désengorger le haut du 5e arrondissement de Lyon et réduire tout le trafic de voitures venant de Tassin-la-Demi-Lune ou de Craponne.

« Malheureusement, on constate une réaction épidermique au projet de téléphérique. Le premier réflexe est de dire qu’on n’en veut pas dans son jardin, appuie Olivier Mesnard. Mais, en réalité, la population est indécise car elle reste peu informée sur le sujet. » « C’est comme le tramway. Souvenez-vous de l’opposition farouche au premier tramway. Aujourd’hui, plus personne ne le remet en cause », conclut Monique Cosson.

Concertation publique

Lancée lundi, elle doit durer jusqu’au 15 février. Les citoyens sont invités à s’inscrire et à donner leurs avis sur le site destinations2026-sytral.fr. La première réunion d’information sur le sujet est prévue ce mercredi à 19 heures en visioconférence. Pour connaître le détail des réunions publiques qui suivront : www.franchevillelyon-sytral.fr.