barrer la route aux accidents

Mélanie Collin

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« Je me prenais pour le champion du monde pourtant, ce jour-là, j'étais fatigué et comme d'habitude je roulais trop vite. En quelques secondes, ma vie a complètement basculé. » C'est ainsi qu'Olivier Duplat a raconté hier son histoire à une vingtaine d'apprentis conducteurs du centre d'éducation et de sécurité routière ECF de Bron. Un récit qu'il recommence tous les mercredis pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la route. Un matin d'octobre 1999, cet ancien mannequin devenu commercial entre en collision avec un tracteur qui lui a coupé la route. Il en réchappe mais est très gravement blessé.

« Après un mois de coma, je me suis réveillé et j'ai réalisé que j'étais handicapé physique et mental, témoigne cet homme de 38 ans à la démarche vacillante. Dans mes souvenirs, deux ans de ma vie sont passés à la trappe. Un accident n'arrive pas par hasard, c'est cela que vous devez comprendre, pour qu'il n'y ait plus de "si j'avais su..." », ajoute-t-il devant son public attentif. « L'objectif est de marquer les esprits. Le témoignage d'un accidenté de la route est quelque chose de concret », explique René Chaumette, président du CERS-ECF de Bron, qui a introduit voilà un mois cette heure de débat obligatoire à ses stages. Le récit intéresse, plusieurs jeunes n'hésitent pas à poser leurs questions. Mais sauront-ils s'en souvenir une fois au volant ? « C'est un plus à la formation évidemment, et sur le coup ça interpelle vraiment. Mais je crains que, pour certains, cela ne devienne qu'un vague souvenir d'ici à quelques mois », tempère Kévin, 18 ans, candidat à l'obtention du papier rose. ■