La « réserve citoyenne » séduit peu

Mélanie Collin

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La police peine à trouver des bénévoles. Expérimenté depuis juillet 2006 dans vingt-six départements, dont le Rhône, le service volontaire citoyen au sein des forces de police est désormais généralisé à l'ensemble du territoire. Pourtant, le nombre de postulants n'est pas mirobolant. La France en compte 348, et dans le Rhône, ce sont seulement une douzaine de personnes qui ont choisi de s'impliquer.

Cette « réserve citoyenne » permet à des civils d'effectuer durant quelques heures par semaine des missions auprès de la population, qu'il s'agisse d'actions de prévention, de sensibilisation ou encore d'accueil et de suivi des victimes.

« Les personnes qui s'engagent respectent les codes déontologiques policiers, mais leur fonction n'est pas de remplacer les agents sur le terrain. Ils sont plutôt comme un lien avec la population, explique Xavier de Fürst, préfet délégué pour la sécurité et la défense. Si les demandes sont peu élevées, c'est avant tout dû au peu de communication qui a été faite autour de ce service. Avec sa généralisation, nous espérons évidemment les augmenter. » Mais l'image de la police semble aussi être à leur désavantage. « Lorsque les gens vous voient approcher avec un blouson bleu et un badge, il y a un sentiment de méfiance. Mais quand ils lisent "volontaire", cela disparaît. Lorsque j'ai choisi de m'engager dans ce service citoyen, c'était avant tout pour donner un coup de main à la police, qui est souvent malmenée », raconte Roger Pouillet, ébéniste et bénévole depuis deux ans. ■