Deux mois ferme pour le jeune agresseur

Élisa Frisullo

— 

A aucun moment, Ahmed n'a exprimé de remords et il aura fallu attendre un long moment pour qu'il présente du bout des lèvres ses excuses aux victimes. Ce jeune homme de 18 ans a été condamné, hier, à huit mois de prison, dont six avec sursis, par le tribunal correctionnel de Lyon, où il comparaissait pour « violences volontaires aggravées » après avoir agressé, le 22 janvier, deux enseignantes du lycée professionnel Marc-Seguin, à Vénissieux. Ce jour-là, Ahmed entre dans cet établissement dont son frère a été exclu en octobre pour avoir insulté une professeure d'anglais. Sans doute animé par un désir de vengeance, il pénètre dans la classe de cette enseignante.

Cette dernière lui demande de quitter son cours, mais Ahmed refuse. « Ensuite, ça a dégénéré », a admis le jeune homme, qui, pour sa défense, s'est contenté de répéter : « Je lui ai juste rendu la baffe qu'elle m'a donnée.» Très émue, l'enseignante, appelée à témoigner, corrige. « Il m'a empoigné, collé contre le mur et serré la gorge », se souvient-t-elle, marquée par la « haine » de son agresseur. Deux enseignantes, alertées par les cris « étranglés » de leur collègue, parviennent difficilement à repousser le garçon. « Il serrait fort », raconte l'une d'elle, malmenée elle aussi. Ahmed prend alors la fuite avant de se rendre, deux jours plus tard, au commissariat de Vénissieux. L'enseignante d'anglais a été mise quatre jours en incapacité de travail, et sa collègue deux jours, suite à cette agression, décrite par le procureur comme une « probable expédition punitive ». Une vengeance qu'Ahmed, placé en détention provisoire depuis les faits, n'a jamais reconnue. ■