Malraux sauveur du Vieux-Lyon

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Et dire que le Vieux-Lyon (5e), inestimable ensemble Renaissance, a failli être démoli pour faire place à... une autoroute ! Si les ruelles étroites de Saint-Jean, vitrine touristique de la ville, attirent aujourd’hui 2 millions de visiteurs par an, c’est grâce à André Malraux. Il y a très exactement quarante ans, le 12 mai 1964, le ministre de la Culture du Général de Gaulle sauvait le Vieux-Lyon des pelleteuses en signant un arrêté ministériel créant le premier « secteur sauvegardé » de France. Bien que classée désormais au patrimoine mondial de l’Unesco, Lyon ne célébrera pas cet anniversaire. On doit pourtant à ce texte une interdiction totale de destruction sur l’ensemble des 25 ha du quartier, ainsi qu’une grande vague de restauration et de réhabilitation. On lui doit surtout d’avoir contrecarré les plans du maire : Louis Pradel. Quand ce dernier est élu, en 1956, il découvre que son prédécesseur, Edouard Herriot, a laissé les caisses de la ville remplies. Pradel, qui « pense à l’an 2000 » se lance alors dans un vaste programme de construction d’équipements. C’est ainsi qu’il envisage de créer un large boulevard urbain entre le centre de Lyon et Fourvière, passant par la rue Mercière, fief des premiers imprimeurs, et Saint-Jean. Il faudra que la jeune association Renaissance du Vieux-Lyon parte en croisade contre ces démolitions pour qu’André Malraux se penche sur le cas des vieilles pierres lyonnaises. F. Crouzet