Lyon : La mairie déclare « l’état d’urgence climatique », quels changements d’ici à 2026 ?

PLAN DE MANDAT Les élus du conseil municipal de Lyon examinent pendant deux jours la feuille de route prévue par la mairie écologiste d’ici à 2026. Des investissements d’1,2 milliard sont prévus pour les écoles, la culture ou encore végétaliser la ville

Elisa Frisullo

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Un grand parc est prévu sur la colline de Fourvière,   entre la montée de Choulans et Vaise.
Un grand parc est prévu sur la colline de Fourvière, entre la montée de Choulans et Vaise. — E. Frisullo/20 Minutes
  • L’exécutif de Lyon souhaite faire de la ville l’une des pionnières de la transition écologique, avec un tiers de son budget d’investissements d’ici à 2026 qui y sera consacré.
  • Ces jeudi et vendredi, la majorité présente les investissements prévus d’ici à 2026 lors d’un conseil municipal fleuve.
  • Parmi ce 1,2 milliard prévu, « 20 Minutes » vous détaille quelques-uns des plus gros dossiers qui devraient changer la ville.

« Aujourd’hui, il faut lancer Lyon dans la transition écologique et adapter la ville pour faire face aux enjeux climatiques ». Ce jeudi, les élus du conseil municipal ont, sur proposition du maire EELV Grégory Doucet, déclaré « l’état d'urgence climatique » et émis le souhait de faire de Lyon l’une des pionnières parmi les villes françaises en transition.

Pour ce faire, la majorité lyonnaise a prévu un budget d’investissements de 1,2 milliard d’ici à 2026, dont un tiers consacré à la transition écologique. Une feuille de route chargée, préparée depuis plusieurs mois par la majorité, et sur laquelle les élus doivent se prononcer lors d’un conseil municipal fleuve prévu pour durer jusqu’à vendredi soir. 20 Minutes vous détaille quelques-unes des priorités de la ville pour ces cinq prochaines années.

Les enfants, priorité du mandat

Pour faire de Lyon « la ville des enfants », la municipalité a prévu de consacrer 34 % de son budget d’investissement à sa jeunesse. Près de 300 millions d’euros seront dédiés à la réhabilitation (rénovation thermique) ou l’extension de 39 écoles sur les 206 actuelles. Dans les cinq ans à venir, sept nouveaux établissements scolaires doivent aussi sortir de terre, dont trois, engagés par l’ancien exécutif, doivent ouvrir dès la rentrée de septembre et en 2022 à Confluence (2e), dans le 7e (Berthelot) et dans le 8e (Duret). Les autres groupes scolaires sont prévus dans les arrondissements les plus en tension, à savoir les 7e, 8e et 9e arrondissements.

Un investissement de 60 millions d’euros est aussi programmé pour créer 24 crèches, soit environ 800 berceaux. « Un budget doublé » par rapport au dernier mandat de l’ancien maire Gérard Collomb, a rappelé la première adjointe Audrey Hénocque, chargée des Finances. Dans les établissements scolaires et les crèches, un vaste plan de végétalisation va être mené « avec des cours transformées en jardins et des rues à proximité apaisées », a rappelé le maire de Lyon devant les conseillers municipaux.

Des jardins de rue aux forêts urbaines, le végétal en force

C’est le second poste le plus important prévu par la municipalité. L’exécutif prévoit 152 millions d’euros pour mettre « de la nature partout en ville ». Parmi les projets phares, il est prévu d’aménager 80 hectares sur la balme de Fourvière. Cet immense parc urbain sera situé sur la colline, sur des zones naturelles et boisées aujourd’hui inexploitées, entre Vaise et Choulans. Une partie devrait accueillir du public dès 2023-2024. La ville prévoit aussi d’aménager une « forêt urbaine » rue Bouchut dans le quartier de la Part-Dieu et des jardins de rue et promenades ombragées partout où c’est possible. « 5.500 arbres ont déjà été plantés. Et 6.500 de plus le seront lors de la prochaine saison », précise Grégory Doucet.

Dans les quartiers, au pied des immeubles, entre 500 et 700 micro-implantations florales, ces morceaux de verdure créés par les habitants à la place du bitume, vont voir le jour dès cette année. « Une ville végétale c’est aussi une ville nourricière », rappelle la majorité, qui a déjà planté neuf vergers dans les arrondissements et a apporté son soutien à la ferme urbaine de la Croix-Rousse. Une maison de l’agriculture urbaine devrait voir le jour dans le 7e arrondissement.

Piétonnisation et zone 30 pour une ville « praticable » et « apaisée »

Comme la métropole de Lyon avant elle, la ville ne cache pas sa volonté de nettement limiter la place de la voiture en ville. A court terme, la municipalité s’est fixée comme objectif de mettre en place la piétonnisation de la Presqu’Ile d’ici à 2022 dans des conditions qui devront être précisées. Cette mesure, qui ne devrait pas manquer de faire grincer des dents dans le rang des élus ou chez les commerçants, sera accompagnée du passage « progressif » de la ville en zone 30. « Il faut que chaque Lyonnaise et Lyonnais retrouvent un droit à l’espace public », prône le maire, qui prévoit aussi de « rendre des places de stationnement aux terrasses et aux piétons ». Ou encore de multiplier par quatre le nombre de stationnement vélos.

Une enveloppe colossale pour les projets des habitants

Voilà l’une des mesures les plus innovantes. D’ici à 2026, 50 millions d’euros vont être consacrés au budget participatif imaginé par la majorité. En clair, cette enveloppe sera dédiée aux projets portés dans les quartiers par les habitants. La moitié de cette somme sera attribuée à des actions que les riverains souhaitent réaliser et qui seront soumises au vote des habitants. L’autre moitié concernera des projets que les riverains pourront faire émerger sur des lieux identifiés par la ville. « Nous devons nous appuyer sur l’expertise de nos habitants », estime Grégory Doucet.

Ces projets qui vont faire débat ou parler d’eux

Plusieurs sujets sont listés dans la feuille de route de la majorité mais n’ont pas encore été détaillés. Parmi eux, le maire prévoit une fête populaire l’été pour « célébrer l’eau », avec entre autres un carnaval et des joutes nautiques. Les détails sur cet événement devraient être précisés dans les prochains mois selon la mairie, qui devra aussi se décider sur un dossier culturel important : l’avenir du musée Guimet. Le projet d’Ateliers de la danse, porté par l’ancienne majorité dans ce lieu situé vers le parc de la Tête d'or, a été abandonné et déplacer dans le 8e arrondissement, à proximité de la maison de la danse. Le musée Guimet, inoccupé depuis de longues années, ne restera pas à l’abandon, assure la mairie qui travaille à sa reconversion en lien avec le maire du 6e et l’adjointe à la Culture.

Sur le plan éducatif, un dossier important, abordé pendant la campagne des municipales, devrait ressurgir. Celui des rythmes scolaires sur lequel la mairie désire réfléchir dans les deux, trois ans à venir. Elle souhaite aussi ouvrir les cours d’écoles en dehors du temps scolaire à cet horizon, selon des modalités qui restent aussi à définir.