Rhône : Accusé de viol, il contacte une victime présumée et est relaxé pour « subornation de témoin »

SUBORNATION Le procès sur le dossier de viol aura, lui, lieu la semaine prochaine

20 Minutes avec AFP

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Un palais de justice, ici à Vesoul. (illustration)
Un palais de justice, ici à Vesoul. (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP

Un détenu de 21 ans, accusé d’agressions sexuelles et de viols sur mineures, a été relaxé vendredi dans le Rhône pour « subornation de témoin » alors qu’il avait contacté depuis sa prison une victime présumée et un témoin dans l’attente de son procès. Originaire du Paraguay, le jeune homme est retourné en détention à la prison de Villefranche-sur-Saône, où le tribunal correctionnel le jugeait en comparution immédiate pour la « subornation et recel de téléphone en milieu carcéral ».

Mis en examen en mars 2019, il est soupçonné d’avoir abusé de deux jeunes filles âgées de 12 et 16 ans au moment des faits. Depuis sa cellule, il avait contacté avec son téléphone, via Facebook et Instagram, une des deux victimes présumées et un témoin dans l’attente de son procès pour « viols sur mineures », qui doit se tenir jeudi prochain aux assises de Lyon. Le tribunal l’a condamné en revanche à six mois de prison ferme pour « recel de téléphone en détention ».

« On ne se sent plus en sécurité »

« Ma fille est complètement perdue. En prison il arrive à avoir un téléphone, il arrive à faire pression. On ne se sent plus en sécurité », a témoigné vendredi à l’audience, la mère de l’une des victimes présumées. « Une simple sollicitation ne constitue pas une pression », a plaidé l’avocate du prévenu. Ce dernier, selon l’enquête, avait déjà tenté d’influencer l'une de ses victimes présumées par des messages via Messenger, affirmant que les jeunes filles étaient consentantes.

Il avait aussi invoqué la culture de son pays d’origine pour justifier des relations sexuelles avec des mineurs, avec accord des parents. En prononçant la relaxe pour la subornation de témoin, la présidente du tribunal a tenu à indiquer au détenu : « Il est juste impensable que vous preniez contact avec la victime. »