Lyon : Verdure, poulaillers, nouvelles places… La mairie promet de renforcer et d’améliorer l’accueil des bambins en crèche

PETITE ENFANCE Sur le mandat, la majorité, conduite par l'écologiste Grégory Doucet, veut créer entre 500 et 800 berceaux dans un contexte marqué par une forte pénurie de places en crèche

Elisa Frisullo
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Illustration d'une crèche, à Lyon.
Illustration d'une crèche, à Lyon. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Face à la pénurie de places en crèches, la mairie de Lyon veut construire 22 nouveaux établissements sur le mandat. Un effort important qui ne suffira pas à combler le manque, très élevé.
  • Elle promet aussi de verdir le quotidien des bambins, en végétalisant les espaces extérieurs et en aménageant potagers, vergers et même poulaillers.

Les couples qui s’apprêtent à accueillir un bébé ne se bercent guère d’illusion. A Lyon, réussir à obtenir une place en crèche pour son bambin relève de la gageure, ce qui complique forcément la question de la garde d’enfants, avant même la naissance, et est une source importante d’angoisse pour les familles. « Dans notre ville, il y a chaque année 4.500 petits qui sont refusés à la crèche », confirme à 20 Minutes l’adjoint EELV à la Petite enfance Steven Vasselin.

Depuis son arrivée à la mairie l’été dernier, il a fait réaliser un état des lieux dans les établissements d’accueils collectifs municipaux et associatifs. Et le constat est sans appel. « La petite enfance a été délaissée sur les précédents mandats. Au cours des quatre dernières années, une soixantaine de berceaux ont été créés dans les crèches municipales et associatives. Il y en a eu beaucoup plus dans les établissements privés », affirme-t-il.

Vingt-deux nouvelles crèches

Au 1er janvier 2019, Lyon comptait 6.588 places en Etablissement d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE), dont 4.895 cofinancées par la Ville, en gestion directe (crèches municipales) ou en gestion associative subventionnée (crèches associatives). La même année, plus de 7.400 naissances étaient enregistrées à Lyon. Des chiffres qui confirment la pénurie observée entre Rhône et Saône depuis de longues années. Pour tenter d’y remédier, la municipalité lyonnaise, dirigée par l’écologiste Grégory Doucet, a prévu d’investir sur le mandat 71 millions d’euros pour la petite enfance, dont 40 millions environ seront consacrés à la création de nouvelles crèches.

« Nous avons prévu l’ouverture de 22 crèches, soit entre 500 et 800 nouveaux berceaux, d’ici à 2026 », indique Steven Vasselin. Elles seront prioritairement réalisées dans les zones où la tension est la plus forte, à commencer par le 7e, arrondissement le plus en pénurie de berceaux. Des projets indispensables qui ne suffiront toutefois pas à combler le manque en la matière.

« Théoriquement, il faudrait le double de places en crèches à Lyon. Nous ne pourrons pas le faire et créer 5.000 places sur ce mandat », admet, réaliste, l’élu, qui compte toutefois sur la mobilisation des promoteurs immobiliers pour participer à l’effort. Ces derniers ont déjà été sensibilisés par les équipes de Grégory Doucet à la nécessité d’inclure des crèches dans leurs programmes immobiliers.

Des potagers, vergers, poulaillers

« Nous leur demandons de jouer le jeu en nous mettant disposition des rez-de-chaussée et des rez-de-jardin », ajoute l’adjoint qui dit avoir une dizaine de pistes en ce sens pour l’heure. Sur les prochaines années, l’augmentation de l’offre de places en crèches doit aussi s’accompagner d’investissements pour améliorer l’accueil réservé aux bambins. Et comme ils s’y étaient engagés lors de la campagne des municipales, les écologistes promettent de nettement verdir le quotidien des jeunes lyonnais.

« On veut vraiment que la nature redevienne omniprésente dans le quotidien des enfants », souligne Steven Vasselin. Un leitmotiv valable pour les crèches mais aussi pour les relais d’assistantes maternelles et les lieux d’accueil enfants/parents. La végétalisation de ces lieux prendra plusieurs formes. Il s’agira de débitumer les sols des espaces extérieurs pour verdir, en plantant des arbres lorsque c’est possible, ou des arbustes.

Là où la configuration du site le permet, des espaces naturels seront créés. « Il y aura des vergers, des potagers et même des poulaillers », détaille l’adjoint, soucieux qu’avec les personnels, les enfants découvrent les cycles des saisons, la biodiversité, les plantations… « Les bienfaits pour les enfants sont démontrés, ajoute Steven Vasselin. Manipuler la terre développe la motricité, améliore la concentration, réduit l’agressivité ».

Dès cette année, 42 projets de végétalisation seront lancés dans les crèches municipales et associatives disposant d’un espace extérieur. Cinq d’entre elles font actuellement l’objet de projets test et 37 ont été identifiées pour être aménagées à court terme. D’ici à 2026, tous les établissements de petite enfance gérés par la ville devraient avoir été végétalisés.

« Les quelques sites ne bénéficiant pas d’extérieur feront l’objet d’une étude afin qu’une solution à proximité soit trouvée », assure la mairie. Un programme très similaire à celui en cours de préparation pour mettre un peu plus au vert les élèves des 206 écoles de la ville.