Un Vent de rébellion souffle dans les écoles

Elisa Frisullo

— 

Depuis la rentrée, les écoles du département sont en ébullition. Pas une semaine ne s'écoule sans qu'un établissement ne soit bloqué « symboliquement » par des parents d'élèves ou par un mouvement de grève des enseignants et que plusieurs centaines de manifestants ne viennent crier leur colère sous les fenêtres de l'inspection académique. Même du côté des syndicats, pourtant habitués à la rébellion, la forte mobilisation des parents d'élèves regroupés en collectifs dans tout le département, a surpris. « C'est révélateur de l'ampleur du malaise qu'ont fait naître dans les établissements les mesures engagées par Xavier Darcos », analyse un syndicaliste, mobilisé contre la réforme de la formation des futurs maîtres et « la mort annoncée » des réseaux d'aide spécialisée aux enfants en difficulté (Rased).

Pour défendre ces réseaux, un millier de professeurs (sur les 9 000 que compte le département), répartis dans 150 écoles, sont même allés jusqu'à boycotter la mise en place de l'aide personnalisée, deux heures de soutien hebdomadaires proposées aux élèves en légère difficulté. Pour apaiser la grogne des personnels, l'inspecteur d'académie du Rhône, Jacques Aubry, arrivé dans le département il y a tout juste trois mois, a revu son projet de carte scolaire à la hausse. Une douzaine de classes supplémentaires ouvriront en septembre, dont 9 en maternelle, alors qu'il y a un mois encore, l'administration prévoyait la fermeture de 130 classes pour 35 ouvertures seulement.

Mais derrière ces créations, l'inspection académiquedu Rhône prévoit toujours de retirer 64 postes dans les Rased en septembre prochain, au grand dam des syndicats enseignants. « Cette une véritable provocation », a réagi la semaine dernière les représentants du SNUIpp, déterminés à poursuivre le combat dès leur retour de vacances, le 23 février, au nom de « la réussite de tous les élèves » et de « l'avenir de l'école publique ». ■