« Le ministre n'a jamais affirmé que c'était la fin des Rased »

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Contrairement à ce qui était prévu, une douzaine de classes va ouvrir à la rentrée. Pourtant, vous maintenez les mesures d'économie en supprimant des postes. Lesquels seront donc touchés ?

Le Parlement a voté la suppression de 3 000 postes dans les réseaux d'aide spécialisée aux enfants en difficulté (Rased). Dans le Rhône, 64 postes sont concernés, dont 21 aujourd'hui vacants qui seront fermés à la rentrée.

Les 43 autres seront supprimés dans les réseaux d'éducation prioritaire ?

Non, il n'y aura pas de changement en Rep. La seule différence, c'est que 43 postes, aujourd'hui tenus par un maître non spécialisé, seront demain occupés par un enseignant spécialisé issu des Rased. Le nombre de postes reste le même, seules les personnes qui les occupent vont changer.

Certains voient dans ces « transferts » la mort annoncée des Rased.

Le ministre de l'Education nationale n'a jamais affirmé que c'était la fin des Rased. Ces réseaux ont travaillé de façon efficace surtout au début. On diminuait le nombre d'élèves qui sortaient du système éducatif en échec. Or depuis dix ans, il ne baisse plus. D'où la volonté du ministre de trouver une autre voie, de compléter les moyens donnés aux élèves pour réussir. Les Rased sont donc conservés à une taille plus faible, et, simultanément l'aide personnalisée est proposée aux enfants, qui ne sont pas en échec, mais qui sont un peu lents ou un peu bloqués.

Mais un millier d'enseignants refusent d'appliquer cette aide car elle ne peut pas, selon eux, remplacer les Rased.

Il y a eu un amalgame entre le rééquilibrage des Rased et la mise en place de l'aide personnalisée. Cette dernière est donc mise en place de façon très inégale. Mais les enseignants qui l'appliquent se sont rendus compte qu'ils pouvaient aider l'élève en difficulté. Je ne comprends pas comment un maître s'interdit d'aider un élève pour montrer que ce dernier a besoin d'être aidé. Ce n'est pas sérieux.

Ces derniers seront-ils sanctionnés ?

Je ne suis pas quelqu'un qui cherche le conflit. Alors, pour l'instant, j'écris à tous ceux qui m'ont dit qu'ils envisageaient d'arrêter l'aide personnalisée et leur explique les conséquences que cela pourrait avoir. Ne pas la mettre en place, c'est ne pas faire le service que doit effectuer un fonctionnaire, et cela me conduira à retenir, pour la semaine où cela n'a pas été proposé, un trentième du salaire.

Autre problème récurrent, le non-remplacement des enseignants, qui suscite régulièrement la colère des parents. La situation va-t-elle s'améliorer ?

Je me suis engagé à remplacer dès le premier jour tous les congés maternité. Pour y parvenir, je vais me servir des 180 postes dont je bénéficie actuellement qui étaient réservés pour suppléer les professeurs en formation continue. Pour remplacer ces derniers, je m'appuierai sur les jeunes maîtres en stage. Pour les congés maladie, je m'engage à ne pas dépasser les quatre jours de non-remplacement.

Le droit d'accueil imposé les jours de grève pose aussi problème dans plusieurs villes, où les mairies ne peuvent ou ne veulent pas le mettre en place. Que comptez-vous faire ?

Jusqu'à présent, je n'étais pas dans une bonne position pour dialoguer avec les maires. Alors que je ne remplissais pas moi-même mes obligations de remplacements, je leur demandais d'assurer la continuité du service les jours de grève. Mais ce droit d'accueil va entrer dans les moeurs. Je vais aider les communes, dans les zones rurales notamment, à trouver des personnes pour assurer ce service. J'ai notamment demandé si on pouvait former des étudiants qui pourraient participer au droit d'accueil. ■■Recueilli par E. F.