Garcia encourt 25 ans de réclusion

Sandrine Boucher

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« C'est le minimum décent. » Au terme d'un réquisitoire de plus de deux heures, l'avocat général a demandé hier une peine de vingt-cinq ans de réclusion criminelle à l'encontre de Jean-Marie Garcia, qui comparaît depuis lundi pour le meurtre de Chaïb Zehaf en mars 2006. Jean-Olivier Viout a écarté la thèse raciste dans ce crime qui reste toujours sans mobile. « Pourquoi Chaïb Zehaf est-il mort ? Serait-ce parce qu'il était coupable d'être arabe ? Le doute me transperce, comme vous, s'est-il adressé aux parents de la victime. Mais je ne peux l'affirmer, je n'en ai pas la preuve. »

L'avocat général a expliqué combien cette question était sensible, dans cette cour d'assises du Rhône où fut prononcée pour la première fois en France une condamnation pour crime contre l'humanité. C'était en 1987, contre le nazi Klaus Barbie. Jean-Olivier Viout a alors lancé à l'accusé, tête baissée dans le box : « Votre crime, par sa gratuité, est pire encore que le racisme. » Et de rajouter : « Ce crime est un mépris, le piétinement de l'autre. Claquemuré dans son narcissisme, l'autre n'est rien pour Jean-Marie Garcia. » Le matin, les avocats de la famille de la victime, qui soutiennent la thèse du racisme, ont décrit un « meurtre de sang-froid, comme dans un mauvais film ». « Chaïb Zehaf a été exécuté », a ajouté Me Yves Sauvayre. Le dernier coup de feu, le seul mortel, tiré à bout touchant, a transpercé le crâne de Chaïb Zehaf alors qu'il était à terre. La défense a, elle, souligné des zones d'incertitude sur l'enchaînement des faits et exclu toute possibilité de qualifier ce meurtre de raciste. Le verdict est attendu cet après-midi. ■