Le centre-ville a fait le plein de manifestants

Elisa Frisullo et Mélanie Collin

— 

Du jamais vu à Lyon. La journée nationale de grève et de manifestation qui a réuni hier dans le centre-ville 25 000 personnes selon la police, 35 000 selon les organisateurs, restera dans la mémoire des syndicats comme la « référence » de ces dernières décennies en terme de mobilisation. « C'est révélateur de la peur et de la désespérance des Français. Le gouvernement ne peut pas rester sourd. Il doit écouter et apporter des réponses en ouvrant des négociations », estime Gilbert Debard, délégué de l'Unsa du Rhône.

Particulièrement remontés, les personnels hospitaliers étaient fortement représentés. Réunis derrière des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bachelot enterre l'hôpital, enterrons Bachelot », 3 000 d'entre eux ont demandé le retrait de la loi portée par la ministre de la Santé. « C'est minant de voir l'hôpital régresser faute de moyens et de ne plus pouvoir être à l'écoute de nos patients et de leurs besoins », s'insurge Agnès, infirmière à l'hôpital neuro-cardio de Bron. Comme la plupart de ses collègues en grève, cette dernière avait prévu d'assister, dès 18 h, à la Nuit blanche organisée devant l'hôpital de la Croix-Rousse.

A la fin du cortège, également composé de retraités, de salariés de La Poste, d'EDF et GDF, d'Arkéma, de Renault-Trucks, ou de Rhodia, les personnels de l'éducation, les parents, les élèves et les étudiants étaient venus en nombre exprimer leur opposition aux réformes du ministre Xavier Darcos. « On assiste à une précarisation de l'école. C'est l'avenir de nos enfants qui est en jeu », ajoute Xavier, venu défiler avec sa fille, qui comme près de 27 000 écoliers lyonnais n'ont pas eu école. Faute d'avoir pu organiser le service minimum d'accueil, la mairie de Lyon a ouvert hier trois gymnases pouvant accueillir 270 élèves. « Le droit d'accueil devient une réalité », s'est pourtant félicité hier le rectorat de Lyon, qui comptabilisait 32 % d'enseignants grévistes dans le Rhône. ■