Le neuf fait les frais de l'« attentisme » des ménages

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Après treize ans de croissance ininterrompue, le marché du logement neuf est à son tour gagné par la morosité. Selon le Centre d'études de la conjoncture immobilière (Cecim), qui présentait hier au Grand Lyon le bilan de l'année écoulée, les ventes de logements en construction ont diminué en 2008 de 30 %, avec 3 232 biens réservés contre 4 331 en 2007. « Cela remet le marché au niveau de celui de 2001-2002 », tempère toutefois son président Jean-Jacques Mathias, qui explique ce recul par « l'attentisme » des ménages et le durcissement des conditions d'obtention de prêts. « La demande reste forte. Avant les désistements, 4 099 logements étaient réservés. Mais un quart des ventes a été annulé », poursuit le Cecim. Lyon a attiré 34 % des acquéreurs de logements neufs (40 % l'an passé). Et 24 % des réservations ont été enregistrés sur l'Est lyonnais, qui a bénéficié l'an passé du succès de la vente à TVA réduite à 5,5 % dans les secteurs en rénovation urbaine. « La part des logements vendus à 5,5 % est passée de 7 à 35 % des réservations totales en un an et a permis au marché de résister », ajoute Jean-Jacques Mathias. En 2008, le prix du neuf au m2 est ainsi resté stable à Lyon (3 661 euros) et a diminué de 2 % sur le Grand Lyon (3 294 euros), avec de fortes disparités allant de 5 011 euros/m2 dans le 4e à 3 109 euros dans le nord de Lyon. Selon les professionnels, ces prix devraient rester stables dans le neuf en 2009. ■ E. F.