Lyon : Et si le covoiturage était la solution pour améliorer les déplacements des salariés à Gerland ?

EN REFLEXION Un vaste plan de déplacement, impliquant les entreprises, écoles et universités, va être expérimenté dès ce début d’année. Pour améliorer les déplacements des milliers de salariés du quartier de Gerland, le covoiturage fait partie des solutions

Elisa Frisullo

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Panneau qui indique une aire de covoiturage. FRANCE/Credit:GILE MICHEL/SIPA/1305141729
Panneau qui indique une aire de covoiturage. FRANCE/Credit:GILE MICHEL/SIPA/1305141729 — SIPA
  • A Gerland, quartier d’affaires lyonnais, un plan de déplacement va être lancé en ce début d’année, en lien avec les entreprises, écoles, universités et acteurs du quartier.
  • Pour faire évoluer les habitudes des salariés et aller vers une mobilité durable, plusieurs pistes vont être expérimentées.
  • Parmi elles, le développement du covoiturage, encore peu utilisé par les travailleurs pour rejoindre ce quartier.

Il n’y aura pas une solution miracle mais plusieurs pistes pour améliorer les trajets des salariés de l’un des plus gros quartiers d’affaire de Lyon : Gerland. Sur ce territoire situé au sud de la ville, Cle 7, club lyonnais des entreprises du 7e, s’apprête à mettre en œuvre un vaste plan de déplacement. Ce plan d’actions, en préparation depuis deux ans, qui doit entrer dans sa phase opérationnelle dès début 2021, a pour objectif de faire évoluer les habitudes des salariés en faveur d’une mobilité plus durable tout en développant l’attractivité économique de Gerland.

Dans ce quartier, où cohabitent riverains, entreprises, écoles et universités, l’enjeu des déplacements est de taille. D’autant qu’à l’horizon 2025, selon différentes projections, 12.000 nouveaux salariés sont attendus ici. « Soit 5.400 usagers des TCL, 2.500 cyclistes et 6.000 usagers de la voiture individuelle », détaille le président du Cle 7 Thierry Berger, entrepreneur à Gerland. Aujourd’hui, selon une enquête réalisée par le club auprès de 4.660 salariés et futurs salariés du quartier, 74 % d’entre eux habitent dans la métropole, 6 % au-delà de 50 km de Gerland. Si leurs modes de déplacements actuels sont variés, 64 % utilisent les TCL pour venir travailler, 21 % le vélo et 54 % leur voiture individuelle.

De quoi alimenter sérieusement les réflexions du Cle 7, convaincu que l’une des solutions pour des déplacements plus durables est le développement du covoiturage. Une alternative à la voiture individuelle utilisée à ce jour par seulement 3 % des salariés ayant répondu à l’enquête. « Le covoiturage est un axe fort car il est très peu développé à Gerland comme partout. C’est un véritable enjeu, d’autant plus avec les 6.000 voitures individuelles attendues d’ici à cinq ans. Mathématiquement, on va avoir un problème », souligne Christophe Geourjon, responsable de la commission mobilités, en référence au stationnement déjà difficile et à la saturation de la circulation.

« Si nous ne sommes pas intelligents ensemble, on échouera, il faut démontrer qu’il y a d’autres solutions de déplacements aussi efficaces que celles utilisées aujourd’hui qui sont possibles », poursuit-il. Pour convaincre, Cle 7 s’appuie sur deux chiffres importants. Parmi les salariés qui viennent travailler en voiture, 27 % habitent Lyon ou Villeurbanne et 60 % vivent à proximité de la M6/M7 (ancienne A6/A7), sur laquelle une voie de covoiturage vient d’être créée. Certains d’entre eux seront sans doute prêts à laisser leur véhicule au garage si d’autres alternatives, toutes aussi efficaces, leur sont proposées. L’enjeu des prochaines semaines sera donc de faire connaître aux salariés, via des réunions d’information interentreprises, les dispositifs à leur portée « méconnus aujourd’hui », selon Thierry Berger.

Une communauté Gerland pour covoiturer

Sur la plateforme de covoiturage de la Métropole, une communauté Gerland va voir le jour. « Sur 20.000 salariés, la probabilité que des gens travaillent vers votre lieu de travail est plus forte qu’en impliquant qu’une entreprise », souligne Christophe Geourjon. Le lancement de la voie covoiturage sur la M6/M7 pourrait aussi favoriser le développement des trajets partagés. Des entreprises devraient aussi réserver des parkings au covoiturage et le forfait mobilité durable de 400 euros par an (auquel est éligible le covoiturage) pourrait en convaincre plus d’un de sauter le pas.

Ce plan sera porté et piloté par les entreprises. « Sans elles, on ne fera pas grand chose. Il faut construire avec elles et convaincre chacun qu’il est possible de simplifier ses déplacements », répète Thierry Berger. Parmi les autres pistes, le télétravail, une solution jouant sur la mobilité des salariés, mais encore le développement des TCL, des pistes cyclables et du stationnement pour vélos devraient occuper Cle 7 et ses adhérents ces prochains mois. Un bilan de ses actions sera effectué à l’automne 2022, le temps d’évaluer les nouvelles habitudes de trajet dans le quartier.