Le supérieur hausse le ton

Mélanie Collin

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La venue vendredi dernier de Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur, avec ses 575 millions d'euros accordés au plan Lyon Cité Campus, ne les ont pas fait changer d'avis. Près de 700 enseignants-chercheurs et étudiants ont défilé hier jusqu'au rectorat (7e) pour protester contre la « grande braderie des universités ». Ils craignent que la loi sur l'autonomie des universités entraîne une valorisation de certains pôles d'excellence au détriment des plus petites facultés. « Avec le plan Campus, qui privilégie quelques sites, l'écart entre les universités va continuer à se creuser », estime Fanny, étudiante en Capes à Saint-Etienne.

Les enseignants s'inquiètent également du budget qui sera alloué à la recherche. « Les unités de recherche sont basées sur de la coopération entre chercheurs. Avec le jeu des investissements privés, elles vont finir par rentrer en concurrence. On s'éloigne d'une logique de service public. Le contenu des cours en pâtira lui aussi », déplore Carole Knibbe, jeune maître de conférence à Lyon 1.

Une délégation a été reçue par le recteur, à qui elle a remis une partie des notes étudiantes du premier semestre, retenues par les enseignants de l'université Claude-Bernard depuis plusieurs semaines. ■