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Elisa Frisullo

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Les sans-abri boudent-ils les structures d'hébergements ? C'est ce qui ressort d'une enquête sur les SDF à Lyon et dont les résultats ont été rendus hier à la mairie de Lyon par le réseau Personne dehors et la mission régionale d'information sur l'exclusion (Mrie). Sur le millier de personnes interrogées, 75 % déclarent « ne pas ou ne plus avoir recours au 115 ».

« La veille d'être interrogés, 14 % seulement des sans-abri ont eu accès à une structure d'hébergement d'urgence, 44 % ont dormi chez des tiers, 10 % dans des squats, et 29 % dans la rue », explique Flora Paris, chargée de mission à la Mrie Rhône-Alpes. Pour justifier leur refus d'appeler le 115, 33 % des sans-abri pointent du doigt le manque de places récurrent dans le dispositif d'urgence, 27 % les difficultés pour joindre la veille sociale, 35 % les mauvaises conditions d'hygiène et 21 % le sentiment d'insécurité. « L'un des freins est aussi la discontinuité de l'hébergement proposé. Ces personnes se demandent comment elles peuvent se réinsérer en restant trois jours dans un centre avant de devoir partir et changer de lieux », analyse la Mrie qui a recueilli, avec les militants du réseau Personne dehors, les propositions des sans-abri pour améliorer le système. Ces derniers réclament des centres ouverts toute la journée et conçus pour pouvoir accueillir des couples, des familles ou des personnes seules. « Il est important de créer des structures adaptées aux différents publics accueillis », ajoute Véronique Gilet du réseau Personne dehors, soucieuse que cette étude serve de base à une réflexion globale sur l'avenir de l'habitat et l'accueil d'urgence. Un point de vue partagé hier par Stéphane Rullac, un anthropologue parisien spécialiste de la question. « Il est essentiel de faire quelque chose de ce document, de porter son message au niveau du débat général, estime ce dernier. Le non-recours aux dispositifs qui existent est un aveu de l'échec de notre système ». ■