Budget en berne pour la Ville de Lyon

Frédéric Crouzet

— 

Premier budget de crise pour la ville de Lyon. La majorité du conseil municipal a voté hier soir un exercice en berne pour l'année 2009, marqué par un ralentissement des investissements et surtout une augmentation des impôts locaux.

Les élus de la majorité ont approuvé une hausse de 6 % des taux de fiscalité locale, « inévitable au vu du contexte ». « La baisse de nos recettes, ainsi que celle des dotations de l'Etat, entraîne un recours à cette hausse modérée, a expliqué Richard Brumm, nouvel adjoint en charge des finances de Gérard Collomb (PS). J'aurais préféré vous présenter un budget plus riche ». La ville de Lyon ne disposera cette année que de 658 millions d'euros, contre 695 l'an dernier.

Et ses investissements passeront de 110 à 90 millions. Car la municipalité table en 2009 sur une envolée de ses frais financiers de 11 % et sur une augmentation de 4 % de la masse salariale, qui représente 58 % des dépenses de fonctionnement. Dans le même temps, elle prévoit une baisse de 13 % des sommes perçues sur les droits de mutation, en raison du fléchissement des marchés immobiliers. Et de 20 % du prélèvement sur le produit des jeux du casino. Les sommes versées par l'Etat, en progression de 0,6 %, sont estimées insuffisantes par la majorité. « Vous prenez 15 millions d'euros aux Lyonnais en temps de crise alors que l'Etat a augmenté sa dotation.

Cette hausse des impôts s'explique par votre politique et le dérapage incontrôlé des coûts de fonctionnement », a estimé Michel Havard (UMP), qui a dénoncé la hausse « surprenante et scandaleuse » de 33 % du poste « fêtes et cérémonies ». Le député a également souligné que lors de la campagne électorale, le candidat Gérard Collomb avait annoncé une augmentation de 4 % des impôts locaux. « Si on était resté à 4, le niveau d'investissement se serait réduit comme peau de chagrin », a répliqué le maire de Lyon. ■