Les prud'hommes au ralenti

— 

A peine élus et déjà en grève. Les conseillers prud'homaux du collège salariés de Lyon, désignés à l'issue des élections du 3 décembre dernier, ont décidé de ne plus siéger à partir d'aujourd'hui pour dénoncer un décret les « empêchant d'exercer leur mandat avec efficacité ». Ce décret plafonne l'indemnisation du temps passé à la rédaction d'un jugement. Les conseillers doivent désormais demander une autorisation dès que le temps de rédaction dépasse trois heures. L'activité de cette juridiction, qui règle chaque année environ 6000 conflits entre salariés et employeurs, risque donc d'être très perturbée pour une durée indéterminée. Jeudi soir, lors de la rentrée solenelle du conseil de prud'hommes de Lyon, les 141 juges ont quitté la salle sans attendre le discours d'ouverture de l'année judiciaire par le procureur de la République.

Le matin, une majorité avait décidé en assemblée générale de ne plus assurer les audiences jusqu'à ce que « les ministères du travail et de la justice acceptent de négocier. » ■