L'heure de la Cloche peut sonner

Frédéric Crouzet

— 

L'attractivité touristique de Lyon peut-elle être fatale à un historique bistrot de quartier ? La juridiction des loyers commerciaux se penche ce matin sur le cas du café de la Cloche (2e), confronté au triplement de son loyer en raison de sa proximité avec la place Bellecour. Le propriétaire ANF, société qui possède presque tous les immeubles de la rue de la République, souhaite déplafonner le loyer annuel en le faisant passer de 5 500 euros à 15 000 euros. Elle estime qu'il n'est plus au prix du marché et que l'environnement de l'établissement a évolué. Un expert, mandaté par la société, a jugé que la « hausse considérable » de la fréquentation touristique et l'accroissement de la population du 2e avaient « obligatoirement profité au café ».

Mais pour cet établissement créé en 1804, rue de la Charité, une hausse de 200 % serait synonyme de fermeture ou du licenciement du dernier employé. « D'accord, le loyer est faible, reconnaît Philippe Bitat, patron de la Cloche, qui propose 7 900 euros de loyer. Mais ma clientèle n'est pas composée d'hommes d'affaires ou de touristes. C'est un café de quartier. » Il conteste cette augmentation en s'appuyant sur un avis de la direction régionale de la concurrence pour qui « la Cloche, étant un café avec une clientèle traditionnelle, ne paraît pas avoir bénéficié du flux touristique ». ■