Moins nombreux mais toujours remontés

Sandrine Boucher

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Signe d'un déclin de la mobilisation lycéenne ou tour de chauffe pour un nouveau round après les vacances ? On s'interrogeait hier, dans la manifestation qui a réuni à Lyon 800 jeunes, selon la police, « plus de 2 000 », selon les organisateurs. Bien loin des 6 000 lycéens du rassemblement du 18 décembre, entaché par plusieurs dégradations. Le cortège d'hier a défilé, ou plutôt cavalé, sans incidents majeurs même s'il a vite quitté le tracé prévu (Terreaux-Jean-Macé), pour errer au gré de l'humeur dans le 6e arrondissement avant d'atteindre la Part-Dieu où l'ambiance s'est tendue avec les forces de l'ordre, envoyées en nombre.

« C'est une armée ! Ils nous font peur. C'est pour cela qu'on coure et que certains lancent des cailloux », frissonne Belinda, du lycée Jacques-Brel, à Vénissieux. « Aujourd'hui, c'est bien, il n'y a pas eu de voitures renversées ni brûlées », se félicite Naïwen, 16 ans, en seconde au lycée Colbert, dans le 8e arrondissement. Redoublante cette année, la réforme Darcos l'aurait fait « couler », estime-t-elle. Plus tard ? Elle veut étudier, puis travailler en Grande-Bretagne, où l'avenir, croit-elle, est plus souriant. « Il y a un clash entre les gouvernants et la jeunesse qui flippe sur son avenir », estime Paul, 25 ans, ancien « pion » à Rillieux-la-Pape, remercié en juin dernier : « Aujourd'hui, je vis avec 500 euros par mois. » Contre les réformes Darcos, oui, mais pas seulement. Maxime, du lycée Chabrières à Oullins, veut aussi « défendre les acquis de nos parents, nos grands-parents : le temps de travail, la sécurité sociale, tout ce qui est bien et que Sarkozy enterre ». A ses côtés, Tarik, du même établissement, enchérit contre le Président, « ce type qui se prend pour Louis XIV et qui veut tous les pouvoirs, la loi, les médias et maintenant la justice. Il n'y a plus d'opposition, plus de démocratie ». Les mouvements lycéens se joindront à la journée de mobilisation des salariés du 29 janvier. ■