Coronavirus à Lyon : Pourquoi le CHU a-t-il activé son plan blanc ?

VIRUS Les Hospices civils de Lyon, où désormais un quart des lits de réanimation est occupé par des patients Covid-19, ont déclenché leur plan blanc mardi soir

Elisa Frisullo

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En réanimation aux HCL lors de la première vague Covid, à Lyon. Illustration.
En réanimation aux HCL lors de la première vague Covid, à Lyon. Illustration. — Lionel De Souza
  • Dans le Rhône, où le virus circule activement, les hospitalisations et les admissions en réanimations sont reparties à la hausse depuis la fin août.
  • Une situation maîtrisée pour l’heure qui a toutefois incité les HCL à activer mardi le plan blanc.
  • Cela doit permettre d’anticiper une potentielle seconde vague dans les hôpitaux mais aussi d’alerter la population sur la situation.

Une hausse des patients positifs au Covid dans des services déjà bien chargés en malades atteints d’autres pathologies. Les Hospices civils de Lyon ont activé mardi soir leur plan blanc pour faire face au « rebond épidémique » de coronavirus. « Si les volumes de patients accueillis actuellement sont encore sans comparaison avec les niveaux atteints au printemps, le taux de progression est similaire et inquiétant », indiquent les HCL qui constatent depuis le 31 août une progression de tous les indicateurs liés au Covid-19.

Après la Guadeloupe et les Bouches-du-Rhône, le Rhône est le troisième département le plus touché avec un taux d’incidence du virus de 182.8/100.000 habitants (88.3 au niveau national). Si bien que lundi, le préfet du Rhône a renforcé les mesures prises pour limiter la progression du virus sur le territoire. Dans les hôpitaux, les signaux ne sont pas bons. Les hospitalisations de patients atteints par le virus sont passées de 58 le 31 août à 181 le 21 septembre, dont 39 personnes admises désormais en réanimation (11 fin août). Si ces chiffres ne sont pas alarmants, ils confirment la progression du virus et la nécessité de préparer l’hôpital à un rebond plus important pour éviter l’asphyxie des services. Aujourd’hui, en effet, sur les 139 lits de réanimation, un quart est occupé par des malades du Covid-19. Un « seuil d’alerte » pour les HCL qui considèrent que lorsque plus de 25 % de malades en réa sont positifs au Covid, cela risque de compliquer et perturber le soin des autres pathologies.

Un plan pour encadrer et alerter la population

Face à ce rebond épidémique, l’activation du plan blanc a deux objectifs principaux pour les HCL, à la tête de treize établissements hospitaliers dans le Rhône : anticiper une vague épidémique dans les hôpitaux et alerter le grand public. « J’ai pris cette décision pour nos professionnels. Pour leur donner un cadre de travail et des ressources complémentaires. Et pour que la population réalise ce qui est en train de se passer à l’hôpital et qu’elle aide », souligne Raymond Le Moign, directeur général des HCL. Le public doit voir dans ce plan blanc, la nécessité absolue de renforcer les gestes barrières, insiste le CHU de Lyon.

Depuis une semaine, la cellule de crise des HCL a été réactivée pour suivre scrupuleusement l’évolution des différents indicateurs du Covid-19 dans les établissements. Dans le cadre de ce plan blanc, des unités de médecine dédiées vont de nouveau être ouvertes pour accueillir un nombre croissant de patients Covid comme cela avait été le cas en mars. Mais contrairement au printemps dernier, les HCL souhaitent limiter au maximum la déprogrammation massive des interventions chirurgicales non urgentes, qui avait ralenti de nombreux services et eu des conséquences sur nombre de patients. « Les décisions de déprogrammation seront prises de manière ciblée et progressive (…) en accord avec les acteurs concernés », assure la direction des HCL.

Dans le cadre du plan, de nouveaux lits doivent ouvrir de manière progressive en réanimation, pour passer de 139 actuellement à 199 (toutes maladies confondues). Au plus fort de la crise en mars-avril, 280 lits avaient été ouverts au CHU. Enfin, toutes les mesures sont prises pour assurer la présence de professionnels en nombre suffisant dans les services. Les HCL, qui indiquent avoir lancé une campagne de recrutement d’infirmiers et d’aides-soignants, prévoient aussi de faire appel à l’intérim, à des étudiants, des retraités et aux volontaires si le besoin s’en faisait sentir. A ce stade du plan toutefois et de la situation épidémiologique inquiétante mais toujours maîtrisée, « il n’est pas prévu de mobilisation globale, systématique et exceptionnelle des professionnels », ajoute la direction des HCL.