Les sans-abri se réfugient à l'hôtel

Elisa Frisullo

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Ils ont gagné une bataille mais sont loin d'avoir remporté la guerre. Trois semaines après avoir posé un ultimatum à la préfecture du Rhône pour obtenir la mise à l'abri de la centaine de SDF « sans solution » la nuit au 115, Les Don Quichotte et quatre syndicats se sont satisfaits hier des solutions mises en place depuis le 31 décembre. Ce jour-là, alors qu'un froid glacial commençait à s'abattre sur l'agglomération, la préfecture du Rhône, restée sourde jusqu'alors aux inquiétudes des associations, s'était finalement engagée à financer chaque soir une soixantaine de nuits d'hôtel pour pallier le manque de place en centre d'hébergement d'urgence (CHU).

« Depuis, le nombre de personnes "sans solution" a diminué mais nous restons vigilants », indique Marine Fourié, représentante à Lyon des Don Quichotte, à l'origine il y a deux ans de l'installation d'un campement place Bellecour. Chaque nuit, toutes les demandes au 115 sont désormais pourvues, mais une dizaine de SDF, auxquels la veille sociale demande d'attendre jusqu'à 21 h 30 pour obtenir une place, ne rappellent jamais. « Ils passent la nuit dehors mais ne sont pas comptabilisés par la préfecture », précisent les signataires de l'appel, soucieux d'obtenir des solutions concrètes à la problématique du logement. « Tout ce que la préfecture veut, c'est qu'il n'y ait pas de mort dans la rue cet hiver. Mais rien n'est fait pour créer des places en hébergement stabilisés, en centre de réinsertion sociale ou en CHU », dénonce les Don Quichotte, qui réclament des « moyens » pour rendre applicable la loi sur le logement opposable. « Aujourd'hui, les associations sont obligées de remettre les SDF à la rue tous les trois jours. Ils sont ballotés d'un centre à un autre et doivent attendre des heures dehors avant de pouvoir joindre le 115 », conclut Marine Fourié. ■