Quatre jeunes poursuivis pour violence et racisme

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Medhi et Rachid ont-ils été tabassés le 25 février 2006 en raison de leur origine maghrébine ? C'est ce qu'a estimé hier devant le tribunal correctionnel de Lyon, le procureur qui requis entre six et dix-huit mois de prison avec sursis (dont deux ferme) à l'encontre de quatre jeunes, poursuivis pour « violence volontaire en réunion avec usage d'une arme et en raison de l'appartenance des victimes à une religion, une race ou une ethnie déterminée ».

Ce soir-là, Medhi et Rachid s'apprêtaient à entrer dans l'enceinte du stade de Gerland (7e) pour assister à un match lorsqu'une quinzaine de jeunes, supporters de l'OL pour la plupart, « se sont jetés sur eux pour les rouer de coups de poing et de pieds ». Frappé à la tête avec une bouteille, Medhi est transporté à l'hôpital avec un traumatisme crânien. Son frère écope de 20 jours d'incapacité temporaire de travail. Sur la quinzaine d'agresseurs, seuls cinq jeunes, âgés de 23 à 27 ans, sont arrêtés par des stadiers qui assistent à la scène, et quatre d'entre eux poursuivis en justice. « J'ai pris tellement de coups que je ne voyais plus rien », a témoigné hier Medhi, aujourd'hui encore « traumatisé » par cette agression, due selon lui et les trois associations antiracistes, parties civiles dans cette affaire (Mrap, SOS racisme, Licra), à sa seule origine. « Lorsqu'ils nous frappaient, ils criaient : "On aura ta peau sale bicot" », a ajouté Rachid. Une version contestée hier par les prévenus, dont trois sont déjà impliqués ou connus des services de police pour des affaires similaires. « Mon but n'était pas de me battre mais d'aller voir un match de foot », s'est défendu Oward, pourtant interpellé ce soir-là avec un autocollant du Front national des jeunes dans la poche. « J'ai pris un coup, je me suis défendu », a ajouté Dany, condamné en 2007 à de la prison ferme pour une agression raciste.Les quatre jeunes encourent une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de réclusion criminelle. Le jugement a été mis en délibéré. ■ E. F.