L'affaire Saint-Fons bientôt jugée

LYON L'affaire « Saint-Fons », dossier de détournement de fonds public à l'instruction depuis 2002, devrait aboutir à un procès fin 2009 ou début 2010...

Frédéric Crouzet

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Selon nos informations, le parquet de Lyon a requis en décembre le renvoi de plusieurs élus socialistes devant le tribunal correctionnel pour détournement, recel, abus de confiance ou délit de favoritisme. La juge d'instruction, en charge de l'affaire ouverte en 2002, devrait rendre début mars son ordonnance de renvoi dans laquelle figurera la liste des prévenus.

Quatre personnes sont susceptibles de se retrouver sur le banc des accusés : Yves Mongenot, ancien maire PS de Saint-Fons (1995-2001), Yves Blein, actuel maire PS de Feyzin et ancien délégué régional du réseau Léo Lagrange, Isabelle Dumortier, ex-élue PS de Saint-Fons et Madeleine Picq, ancienne présidente du Comité pour nos Gosses (CPNG). De 1996 à 2000, cette association largement subventionnée par la municipalité aurait reversé d'importantes sommes à des structures proches du PS, comme Léo Lagrange.

L'enquête menée par la PJ a montré que les prestations réglées par le CPNG (mise à disposition de personnel, organisation de séminaires...) avaient été surfacturées et faisaient l'objet de fausses factures. Total du préjudice : près de deux millions d'euros pour la mairie de Saint-Fons, qui avait saisi la justice en 2001 avec l'arrivée du maire Divers droite, Michel Denis. Une partie de ses sommes a atterri sur les comptes bancaires d'associations considérées comme des satellites du PS. Ainsi que sur ceux de Michel David, ancien secrétaire général de la mairie de Saint-Fons et de la section locale du PS, qui est apparu comme le principal pilier du détournement. Mais son décès survenu suite à une longue maladie en 2001 n'a pas permis aux enquêteurs d'approfondir la piste d'un financement politique occulte. «Tous les protagonistes l'ont chargé. Le dossier s'est dégonflé», estime un magistrat.

CHÈQUES FALSIFIÉS
L’affaire avait pris de l’ampleur en 2006 quand Gérard Collomb, maire PS de Lyon, avait été entendu comme témoin par la PJ. Une association qu’il avait présidée jusqu’en 1989 avait été destinataire de chèques falsifiés dans les années 1990.