Lyon : Non, le collectif « Lyon en colère » n’a pas appelé à manifester contre l’insécurité ce week-end

NUISANCES Le rassemblement prévu samedi, qui n’a pas été déclaré en préfecture, pourrait avoir été lancé par les milieux identitaires et d’extrême droite et non par le collectif de riverains

C.G.

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Lyon. (illustration)
Lyon. (illustration) — KONRAD K./SIPA
  • Un appel a été lancé à manifester samedi contre l’insécurité.
  • Le collectif «Lyon en colère» précise qu’il n’en est pas à l’origine et se désolidarise des organisateurs.

L’appel au rassemblement « citoyen » « contre l'insécurité », prévu samedi après-midi à Lyon serait-il l’œuvre d’identitaires ou de militants d’extrême droite ? Il n’a, en tout cas, pas été lancé par le collectif Lyon en colère (regroupement de 11 collectifs de riverains) ayant déposé un recours collectif en justice la semaine dernière pour attaquer le préfet du Rhône. Et n'a pas été autorisé par les autorités.

« Nous ne souhaitons en aucun cas être assimilés aux organisateurs du rassemblement de samedi qui utilisent des termes et une rhétorique que nous ne partageons pas en tant que collectifs apolitiques et dont l’écho s’avère dangereux », précise Edouard Raffin l’avocat des riverains.

« Nous refusons pour autant de secouer les peurs et les haines déjà suffisamment présentes »

Car si l’appel à manifester n’a pas été revendiqué par les milieux identitaires ou d’extrême droite, les profils des administrateurs du groupe Facebook, dédié à cet événement, laissent pourtant peu de doute.

Ce sont eux, qui ont notamment alimenté le groupe « Justice pour Augustin », amplifiant la rumeur selon laquelle l’étudiant (qui a reçu un violent coup d epoing dans la machoire) avait été passé à tabac fin août pour avoir défendu des jeunes filles agressées à la sortie d’un magasin. Ceux-là mêmes qui ont reproché, à cette occasion, au maire de Lyon d’être peu « préoccupé par la répression de la racaille » et qui ont relayé les actions des identitaires.

« Ces réseaux invitent les Lyonnais à défendre leur Ville contre les « racailles ». Or, les patrouilles citoyennes, les groupes d’autodéfense ou pire les « milices privées » (interdites par le code de la sécurité intérieure article L.212-1) contre une catégorie de population sont une spirale incontrôlable de nature à mettre en danger tous les citoyens, qu’ils soient agresseurs ou victimes, délinquants ou riverains », justifie Edouard Raffin.

Et d’enfoncer le clou : « Si nous dénonçons, par nos recours à la Justice, la passivité des pouvoirs publics (ville de Lyon et préfecture) dont les budgets et les effectifs ne sont absolument pas adaptés à l’explosion de brutalité, nous refusons pour autant de secouer les peurs et les haines déjà suffisamment présentes ».

« Nous avons fait le choix d’une ligne apolitique dès 2019. Les deux affaires d’insécurité et de nuisances urbaines nocturnes permettent déjà un rassemblement massif autour de nos collectifs et des solutions, lavées des deux écueils possibles dans cette affaire : le déni et la caricature contagieuse et dangereuse de l’ensauvagement », conclut-il.