Lyon-I est la première à prendre son envol

Elisa Frisullo

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L'université Claude-Bernard fait l'apprentissage de l'indépendance. Depuis le 1er janvier, Lyon-I fait partie des vingt universités françaises à être devenues autonomes dans le cadre de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Si, pour le moment, cette réforme ne devrait pas avoir de conséquences pour les étudiants, elle constitue en revanche une véritable révolution dans la gestion de l'université. Seule fac lyonnaise volontaire pour accéder à l'autonomie, l'UCBL devra désormais assumer seule la gestion de son budget, sa masse salariale et sa politique de ressources humaines. Pour y parvenir, elle doit recevoir une enveloppe de la part du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche trois fois supérieure à celle de 2008.

Ce budget doit être soumis demain au vote du conseil d'administration de Lyon-I, dont la séance du 17 décembre avait dû être annulée après le blocage opéré par 200 personnels et étudiants, inquiets des conséquences de la loi LRU sur l'enseignement. « Ce système va creuser les écarts entre les universités très riches et les autres, qui auront du mal à s'en sortir et ne proposeront du coup pas les mêmes formations à leurs étudiants », tempête un professeur, très réservé sur la mise ne place de l'autonomie. « Le président de l'université s'est précipité. Il se murmure déjà que Lyon-I ne sera pas en mesure de nous payer à la fin du mois », ajoute une enseignante. Des craintes balayées par le président de Lyon-I, Lionel Collet, récemment élu à la tête de la Conférence des présidents d'universités. « Nous sommes prêts », a-t-il déclaré lors d'un entretien à 20 minutes. Il s'est également montré rassurant sur l'avenir des IUT, dont les crédits sont, depuis le 1er janvier, laissés à la libre appréciation des présidents d'université. « Aujourd'hui, les étudiants de Lyon et de Poitiers obtiennent le même diplôme. Le niveau risque désormais de varier d'un IUT à un autre, en fonction des financements obtenus », s'alarme Gaëtan, un étudiant de Lyon-I qui, comme des centaines d'autres, a participé à la fin de l'année dernière aux manifestations pour la défense des IUT.