« Aucun poste supprimé, mais des réaffectations légitimes »

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Depuis le 1er janvier, Lyon-I est la seule faculté lyonnaise qui est devenue autonome. Comment cela se présente-t-il ?

Avec un peu d'inquiétude, car nous allons fonctionner avec un autre budget. Dès la fin du mois, nous allons devoir être capables de payer nos personnels, soit près de cinq mille personnes. Mais tous les services de Lyon-I se sont préparés depuis plusieurs mois à cette échéance, et nous sommes prêts.

Quel est le budget que vous allez soumettre demain au vote du conseil d'administration de Lyon-I pour cette année ?

Le budget global sera de l'ordre de 330 millions d'euros. Tout ce qui est lié au fonctionnement, aux salaires et aux transferts, soit l'essentiel du budget de l'université, provient du ministère. A cela s'ajoute ce que nous sommes capables d'obtenir par nous-mêmes, notamment les contrats de recherche. Et nous pouvons également compter sur le conseil régional de Rhône-Alpes, qui aide l'enseignement supérieur et la recherche.

Autre nouveauté de la loi LRU, les crédits alloués aux IUT dépendent des seuls présidents d'universités. Cela inquiète les personnels et les étudiants. Les comprenez-vous ?

Bien avant leur mobilisation, je m'étais engagé auprès des deux directeurs des IUT de Lyon pour leur garantir en 2009 les mêmes moyens qu'en 2008. L'IUT est une formation technologique courte qui a ses spécificités, c'est une excellente formation professionnalisante. On a tout intérêt à le soutenir.

Leurs inquiétudes portent sur l'avenir. Au-delà de 2009, pouvez-vous les rassurer ?

Nul ne sait ce que sera le budget de la France et ce que l'on donnera aux universités l'an prochain. Mais tant que je serai là, je garantirai dans mon université les moyens de mes IUT.

Dans un souci de rationaliser les coûts, vous avez annoncé en septembre la fusion de plusieurs composantes de l'université. Ces regroupements ont-ils avancé ?

Ce regroupement, qui nous permet de passer de vingt-trois à treize unités de formation et de recherche (UFR), sera effectif à la rentrée 2009. Nous avons d'ores et déjà réuni les UFR, notamment les deux IUT et les quatre facs de médecine. Je souhaite que, lors du prochain conseil d'administration, leurs nouveaux statuts soient votés.

Ces fusions vont-elles entraîner des suppressions de postes ?

Bien sûr que non. Aucun poste ne sera supprimé, mais il y a aura des réaffectations légitimes. Là où il y a deux IUT par exemple, donc deux responsables administratifs, il faudra évidemment repenser l'organisation. Mais cela n'ira pas au-delà.

Que va changer la fusion des facultés de médecine pour les étudiants ?

Cette année, ceux qui sont en première année et qui, l'an prochain, passeront en deuxième année sont répartis dans quatre facultés. A la rentrée 2009, ils seront répartis dans deux facs. Ceux qui sont à Lyon Sud y resteront, sauf s'ils veulent changer, et les étudiants inscrits dans les trois facs de l'est (Grange-Blanche, Lyon Nord et Laennec) resteront sur ce pôle.

Et pour la première année ?

Nous avons encore une interrogation pour cette première année, mais qui ne dépend pas de nous. Il y a une proposition de loi actuellement sur le L1 santé, c'est-à-dire une première année commune à médecine, dentaire, pharmacie et sage-femme. Mais nous ne savons pas encore si elle sera applicable ou non à la rentrée prochaine. A Lyon-I, deux cents personnes travaillent sur ce projet, que nous mettrons en oeuvre dès septembre 2009. Si nous réussissons, il y aura deux inscriptions possibles : une à l'est et une au sud. A l'issue de cette année, les étudiants choisiront les filières dans lesquelles ils veulent passer les concours.

Recueilli par E. F.