"Lightgraff", en lettres de feu

Cécilia Pandolfi - ©2008 20 minutes

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Utiliser la lumière comme un pinceau, et fixer ce geste éphémère par une photographie. La technique du " lightgraff " mêle ces deux procédés pour donner naissance à des créations flamboyantes et aériennes, qui seront visibles dès 18h aujourd'hui place Bellecour (2e).

Au départ, il y a un phénomène visuel connu : un objet lumineux en mouvement, capté par un appareil photo réglé sur une exposition longue, laisse une trace visible. C'est l'exemple des phares de voitures, qui peuvent laisser des traînées blanches ou rouges sur une photographie. Le lightgraff reprend ce principe, mais à travers les réglages précis de professionnels. Pas question cependant de manipuler l'image, de la retoucher. Pour le photographe lyonnais Guillaume J. Plisson, " l'idée est de prendre au pied de la lettre l'origine du mot photographie : photo désigne la lumière et graphie l'écriture. Donc on dessine avec de la lumière ". Comme l'artiste trace dans l'espace, et pas sur une toile ou un mur, son travail est en trois dimensions. Le lightgraff permet aussi de varier les couleurs et les épaisseurs des traits de lumière, en adaptant les sources lumineuses utilisées.

Ce week-end, l'objectif de Guillaume J. Plisson va saisir les formes tracées par le calligraphe Julien Breton et le graffeur Brusk, le tout accompagné par la musique du compositeur Dj Supa-Jay. Place Bellecour, les spectateurs pourront ainsi assister chaque soir à une performance " live " d'au moins sept heures. Seule la pluie, " et les flashs des spectateurs ", prévient Guillaume J. Plisson, pourraient menacer la réalisation de ces images magiques.