Lyon : Face à la précarité étudiante, AGORAé, une épicerie solidaire et sociale s’installe à l’université Lyon 2

SOLIDARITE Cette AGORAé est la 21e épicerie solidaire et sociale sur le territoire français

Lancelot Mésonier

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De gauche à droite : la président de l'université Lyon 2, la présidente de la FAGE et le président de GAELIS, lors de l'inauguration de l'AGORAé de Lyon 2 Lancer le diaporama
De gauche à droite : la président de l'université Lyon 2, la présidente de la FAGE et le président de GAELIS, lors de l'inauguration de l'AGORAé de Lyon 2 — Lancelot Mésonier / 20 Minutes
  • AGORAé est une épicerie sociale et solidaire qui propose aux étudiants des produits vendus 90% moins chers qu'en grande distribution.
  • 20 % des étudiants de France vivraient sous le seuil de pauvreté.

En 2016, un rapport de l’inspection générale des affaires sociales annonçait que 20 % des étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté. Plusieurs associations se sont réunies mardi 18 février à l’Université Lumière de Lyon 2 à Bron afin d’inaugurer l’AGORAé, une épicerie solidaire et sociale. C’est la deuxième à s’implanter sur le territoire lyonnais, après celle de la Doua ouverte en 2011.

Elle est destinée en priorité aux étudiants qui disposent de moins de cinq euros par jour pour manger, une fois les charges retirées. Un projet mené à bien par l’université, la FAGE et GAELIS, qui défendent les droits et les besoins des étudiants, au niveau national pour le premier et au niveau de la métropole lyonnaise pour le second.

Une aide pour les étudiants précaires

L’objectif de l’AGORAé est de subvenir aux besoins alimentaires hygiéniques des étudiants les plus précaires. Elle se fournit auprès de la banque alimentaire mais aussi grâce aux dons et propose ensuite les produits à 10 % du prix du marché. « C’est un besoin essentiel auquel on répond. D’abord grâce aux produits alimentaires, mais aussi en prenant le temps de partager. On s’est rendu compte que les étudiants en grande précarité se retrouvent aussi isolés. Ici, ils peuvent venir discuter, rencontrer des personnes afin de les sortir de cette solitude », explique Yanis Limane président de GAELIS. A l’image de Bahaa Saïdi, qui fait partie des 40 bénéficiaires de l’épicerie solidaire.

« Cela me permet de me nourrir à des prix très bas. La vie en France est vraiment chère. J’ai aussi pu rencontrer des personnes extrêmement chaleureuses avec lesquelles je peux discuter de tout », explique cet étudiant en espagnol.

Une situation inquiétante

L’ensemble des acteurs présents pour l’inauguration l’ont martelé. Les chiffres concernant la précarité étudiante sont inquiétants. Selon l’Observatoire de la vie étudiante, 54 % disent rencontrer des difficultés financières, 46 % sont obligés d’avoir un travail pour financer leur étude, 16 % avouent devoir sauter des repas ou encore 13 % renoncent aux soins faute d’argent.

« Il y a donc une vraie urgence à travailler pour aider les étudiants », affirme Orlane François, présidente de la FAGE. Nathalie Dompnier, la présidente de l’université Lumière Lyon 2, pointe du doigt un système d’aides dépassé : « Les montants accordés aux étudiants sont trop faibles par rapport au coût de la vie ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas seuls que nous arriverons à résoudre les problèmes de précarité ». « De vraies décisions doivent être prises, à grande échelle », appuie Yanis Limane, insistant sur l' « l’importance de l’action publique dans cette démarche ».

L’épicerie solidaire et sociale est un moyen vital aux étudiants en grande précarité, mais il ne peut pas être une fin en soi. « Nous aurons gagné la bataille lorsque l’on pourra mettre la clé sous la porte », conclut Orlane François.

Une épicerie sociale pour les étudiants