L'aide spécialisée envoyée au coin

Elisa Frisullo - ©2008 20 minutes

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« C'est un projet inacceptable qui hypothèque la société de demain. Sans les aides spécialisées, les enfants en difficulté vont devenir des adultes en souffrance identitaire et sociale. » Comme 300 autres enseignants des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), Isabelle Dumazet, rééducatrice dans une école lyonnaise, a participé hier au rassemblement organisé devant l'inspection académique du Rhône (7e) pour protester « contre la suppression des Rased ». Cette mesure, prévue dans le budget de l'Education, a été adoptée mardi par l'Assemblée nationale. Elle prévoit de réaffecter dès la rentrée 2009 au niveau national 3 000 des 15 000 maîtres spécialisés chargés d'aider les enfants en difficultés d'apprentissage et d'adaptation à l'école sur des postes de professeurs « ordinaires ».

« Une fois placés devant une classe entière, ces enseignants, qui travaillent aujourd'hui avec de petits groupes d'élèves, ne pourront plus faire d'aide spécialisée, explique Jacqueline Grand, présidente du collectif rhodanien Sauvons les Rased, qui réunit une dizaine d'associations et syndicats. Ce qui revient à supprimer ces réseaux », poursuit cette rééducatrice, inquiète pour l'avenir des enfants en difficulté qui représentent « 15 % des élèves et jusqu'à 25 % dans les quartiers défavorisés ». « Grâce aux Rased, nous parvenons à les sortir de l'échec scolaire. Mais comment l'école va-t-elle pouvoir les aider sans enseignants spécialisés », s'interroge Guy Bonnet, président de l'Association des rééducateurs de l'Education nationale du Rhône.