Lyon

Benjamin Biolay auteur-compositeur-interprète de chansons françaises

Vous chantez ce soir au Transbordeur pour le grand meeting de campagne de Jean-Jack Queyranne, candidat du PS en Rhône-Alpes pour les régionales. A quand remontent vos premières émotions militantes ? Benjamin Biolay : L’un de mes premiers repères politi

Vous chantez ce soir au Transbordeur pour le grand meeting de campagne de Jean-Jack Queyranne, candidat du PS en Rhône-Alpes pour les régionales. A quand remontent vos premières émotions militantes ? Benjamin Biolay : L’un de mes premiers repères politiques – ça peut faire rire aujourd’hui – c’est François Mitterrand. Il incarnait un véritable espoir après la sclérose giscardienne. J’avais 8 ans quand il a été élu en 1981. Je me rappelle très bien de ce moment et de mes parents qui ont arrosé le coup. Et puis, très rapidement, dès que j’ai été en âge d’avoir des opinions, je me suis intéressé à la politique en général. Vous avez milité aux Jeunesses socialistes du Rhône... Oui, c’était à la fin des années 80. Mais ça n’a pas duré longtemps. Disons que j’ai l’âme militante, mais je n’aime pas être pris pour un con de militant. Dans les partis, les militants sont souvent considérés comme la plèbe. On leur dit toujours quoi penser. C’est pas mon truc. Votre passage au lycée Saint-Exupéry, à la Croix-Rousse, qui a forgé quelques âmes contestataires à Lyon, a-t-il eu une influence sur votre engagement ? Non. A Saint-Ex’ c’était bien pour la « déconne », mais pas trop pour la politique... Doit-on vous qualifier de chanteur de gauche ? C’est bourgeois maintenant d’être un chanteur de gauche. C’est tellement devenu à la mode que c’est presque ringard. Vous n’avez jamais été tenté par l’extrême gauche ? Dans la mesure où j’ai vraiment une sainte horreur de l’autorité, l’extrême gauche m’a, bien entendu, très rapidement intéressé. Mais en lisant ses programmes, j’ai vite constaté sa ringardise. Elle a plusieurs années de retard. La seule extrême gauche respectable aujourd’hui, ce sont des organisations comme Attac. Suivez-vous les évolutions de la vie politique lyonnaise depuis Paris, où vous vivez désormais ? Non, pas tellement. Mais j’ai eu l’occasion de dîner avec Gérard Collomb, il y a quelque temps. C’est quelqu’un dont j’apprécie la sincérité et le parcours. C’est un vrai socialiste. Une sorte d’outsider que l’on a toujours donné perdant. Et qui a gagné. Est-ce que le soutien public que vous apportez à Jean-Jack Queyranne est une façon d’appeler à voter utile ? D’une certaine manière. En même temps, je ne suis pas sûr que le gouvernement Raffarin qui est, à mon avis, en train de véritablement foutre la France en l’air, sera sanctionné lors de ces élections. Les gens s’en foutent. Le Premier ministre ne communique qu’avec des petites phrases, et personne ne les comprend. Propos recueillis par Fabrice Arfi * Malek Boutih, ancien président de SOS-Racisme, et Philippe Meirieu, directeur de l’IUFM de Lyon, seront présents ce soir au meeting de campagne de Jean-Jack Queyranne. A partir de 18 h 30, au Transbordeur (3, boulevard Stalingrad à Villeurbanne).