Lyon : Un mois après sa sauvage agression, Jérémy est sorti du coma

SOLIDARITE Ses camarades de classe et son cousin lancent une cagnotte pour aider sa famille à payer les frais médicaux et judiciaires à venir

Caroline Girardon

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Jérémy est en phase de réveil après avoir passé un mois dans le coma à la suite d'une violente agression.
Jérémy est en phase de réveil après avoir passé un mois dans le coma à la suite d'une violente agression. — Entourage de Jérémy
  • Etudiant en commerce à Lyon, Jérémy a été violemment frappé à la tête dans la nuit du 17 au 18 décembre sur un prétexte futile.
  • Après avoir passé un mois dans le coma, le jeune homme est en phase de réveil.
  • Ses camarades de classe et son cousin ont lancé une cagnotte pour aider financièrement ses parents.

Ses agresseurs l’avaient laissé dans un état désespéré. Plongé dans le coma pendant un mois après avoir été très violemment frappé à la tête, Jérémy, étudiant en commerce de 21 ans à Lyon, a entamé depuis quelques jours une phase de réveil, qui s’annonce d’ores et déjà « très longue », selon ses proches.

Dans la nuit du 17 au 18 décembre, le jeune homme a été abordé par des inconnus alors qu’il se trouvait en compagnie d’une vingtaine de camarades. Tous étaient sortis pour fêter le résultat d’examen. Le groupe a été approché place de la Comédie, pour une cigarette, semble-t-il. Un motif bien futile en réalité. Un prétexte pour chercher des noises d’après la conviction des enquêteurs. « Jérémy ne fume pas », souligne Florian, son cousin. Une bagarre a éclaté au cours de laquelle la victime a été frappée au crâne. Ce qui lui a causé une hémorragie interne.

De petits réflexes

Transporté en urgence à l’hôpital Edouard Herriot, Jérémy est en état de mort cérébrale. Il sera finalement réacheminé vers l’hôpital neurologique de Bron, où les chirurgiens tentent l’opération de la dernière chance. « Aujourd’hui, il est sorti du coma, témoigne Florian. Il se réveille petit à petit mais on ne connaît pas l’étendue de ses séquelles. Les médecins ne se prononcent pas à ce sujet ». Et de poursuivre : « Il ne parle pas encore. La rééducation commence tout juste. Il va devoir tout réapprendre de A à Z. La marche ne sera que la dernière étape. Là, nous en sommes au stade où on lui demande de clignoter des yeux lorsqu’il nous entend. Chaque effort physique, c’est-à-dire regarder simplement ceux qui l’entourent, le fatigue énormément. »

Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de Marin Sauvajon, frappé à coups de béquille sur le crâne pour avoir défendu des amoureux, pris à partie par une bande de jeunes à la Part-Dieu.

Une cagnotte pour aider la famille

Si la maman de la victime a mis son travail entre parenthèses pour être quotidiennement au chevet de son fils, Florian a décidé de relayer la cagnotte, mise en place par les camarades d'école de Jérémy. L’argent récolté servira à aider la famille pour les frais d’avocats ou pour les soins médicaux. « La rééducation s’annonce très longue. Il faudra certainement acheter un fauteuil adapté et tout un tas d’équipements spéciaux que l’on ne connaît pas encore », souligne Florian, dressant avec émotion le portrait de son cousin dont il est très proche.

« Jérémy a un frère jumeau. Nous sommes nés à un mois d’écart. On a été élevés ensemble. On nous a toujours surnommés les triplés dans la famille, raconte-t-il. Jérémy avait un avenir tout tracé. C’est quelqu’un de brillant. Le jour de son agression, il venait d’apprendre qu’il était en tête de sa promo ». Partout où il passe, « on l’apprécie ». « Il a un côté populaire assez incroyable », poursuit Florian. A l’Inseec où il étudie le commerce mais aussi au sein de son club de rugby dans l’Isère. « C’est un garçon gentil, souriant, aimable, qui ne juge jamais », poursuit le jeune homme précisant que le drame a « affecté tous les membres de la famille ».