Lyon : Et si les castors revenaient sur les berges du Rhône ?

EXPERIMENTATION L’association Des espèces parmi’Lyon développe un projet pour réintroduire sur les berges bétonnées des espèces disparues depuis des décennies

Caroline Girardon

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L'association Des espèces parmi'Lyon veut recréer une réserve animale et végétale le long des berges du Rhône à Lyon.
L'association Des espèces parmi'Lyon veut recréer une réserve animale et végétale le long des berges du Rhône à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • L’association Des espèces parmi’Lyon a élaboré le projet Gabiodiv pour réintroduire des espèces disparues le long des berges du Rhône à Lyon.
  • Jusqu’à la fin de la semaine, elle installe des gabions sous l’eau et va planter 27 herbes locales et sauvages.

Reverra-t-on des castors sur les berges du Rhône à Lyon ? L’espoir est désormais permis. Quentin Brunelle et Victorine de Lachaise, naturalistes de formation, se sont lancés dans un projet ambitieux baptisé «  Gabiodiv » : ramener de la vie sur les berges et recréer de la biodiversité. « Depuis soixante ans, les espèces emblématiques du Rhône et de la Saône ont disparu de nos cours d’eau, là où les berges sont complètement bétonnées », constate Victorine, directrice de l’association Des espèces parmi’Lyon, qui recense une cinquantaine de bénévoles.

« En 50 ans, 70 % des zones humides ont disparu à cause de la bétonisation ou de l’utilisation de produits chimiques. Or elles constituent 90 % de la biodiversité », regrette la jeune femme. Le mal est fait. On ne pourra revenir sur les constructions passées.

Victorine de Lachaise, présidende de l'association Des espèces parmi'Lyon.
Victorine de Lachaise, présidende de l'association Des espèces parmi'Lyon. - C. Girardon / 20 Minutes

Martin-pêcheur et héron cendré

« Avant, on disait que la ville, c’était fait pour les humains, et que si l’on voulait de la nature, il fallait aller à la campagne. Aujourd’hui, les villes s’étalent tellement que si on n’allie pas les deux, on ne va jamais s’en sortir. L’objectif est donc de se reconnecter à la nature », poursuit-elle. Et de réintroduire les espèces disparues : le castor, les libellules, la bergeronnette des ruisseaux, le martin-pêcheur, le héron cendré ou encore toute sorte de poissons.

Et pour se faire, l’association, qui remporté un appel lancé par l’agence de l’eau, a imaginé un système assez simple : installer des gabions sous l’eau. A savoir des cages métalliques, réalisées sur mesure, dans laquelle poissons, par exemple, pourront venir se reproduire ou se nicher. Vingt-sept plantes locales et sauvages seront également plantées pour épurer les eaux du fleuve et inciter les insectes ou oiseaux à élire domicile au pied de la piscine du Rhône. « Il y aura aussi une barrière de saules nains pour protéger les animaux des nuisances et éviter que personne ne vienne sur les gabions », présente Victorine de Lachaise.

L'association Des espèces parmi'Lyon veut recréer une réserve animale et végétale le long des berges du Rhône à Lyon.
L'association Des espèces parmi'Lyon veut recréer une réserve animale et végétale le long des berges du Rhône à Lyon. - C. Girardon / 20 Minutes

Une phase expérimentale de deux ans

Le projet, qui a coûté 97.000 euros, va faire l’objet d’études durant deux ans. « Il restera installé ici pendant les 40 ou 50 prochaines années mais l’idée, si l’expérience s’avère concluante, est de pouvoir étendre le concept ailleurs à Lyon. Mais aussi le développer surtout le bassin Rhône-Méditerranée-Corse auprès de villes qui souhaiteraient végétaliser leurs berges bétonnées », conclut la jeune femme.

Les travaux d’aménagement des berges, situés en dessous du skate parc, s’achèveront vendredi. Mais le site ne sera inauguré qu’au printemps lorsque la nature aura commencé à reprendre ses droits.