Lyon : Quelles sont les différentes pistes pour élargir le réseau des TCL à l’horizon 2030 ?

TRANSPORTS EN COMMUN Le Sytral a réalisé de premières études pour chiffrer la réalité de certains projets et établir des priorités

Caroline Girardon

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Un tram du réseau TCL à Lyon. (Illustration)
Un tram du réseau TCL à Lyon. (Illustration) — Caroline Girardon/20 Minutes
  • Le Sytral vient de réaliser plusieurs études afin de voir les solutions les plus pertinentes pour développer le réseau des transports en commun lyonnais.
  • Navettes fluviales, téléphériques, prolongement des lignes de métro…, de nombreuses pistes ont été passées à la loupe.
  • Voici ce qu’il faut en retenir.

Un constat implacable. Dans les 10 années à venir, le nombre d’habitants dans la métropole de Lyon ne va cesser de croître. Les prévisionnistes tablent sur une augmentation de la population de près de 300.000 âmes. Et 100.000 emplois supplémentaires. De quoi faire réfléchir le Sytral, qui a déjà lancé quelques études « cadrans » pour voir comment étendre et développer le réseau des transports en commun, emprunté quotidiennement par 1,8 million de voyageurs.

« En 2018, le trafic TCL a augmenté de +5 %. C’est énorme. Ça coince de partout. Même si l’on renforce l’offre de manière considérable, cela ne suffira pas », expose Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral. Les prévisions annoncent au bas mot 600.000 voyageurs par jour à l’horizon 2030. « Il faut que l’on change de braquet », admet-elle, précisant que les études lancées ont été réalisées pour constituer une « base de travail » lors du prochain mandat.

Le Sytral a lancé des études pour développer le réseau des transports en commun de Lyon.
Le Sytral a lancé des études pour développer le réseau des transports en commun de Lyon. - SYTRAL

« L’objectif est de connaître le chiffrage de certaines réalisations afin de savoir quel est le mode de transports le plus pertinent pour desservir certains secteurs et quelles sont les priorités à déclencher. Mais toutes les pistes étudiées ne verront pas le jour », ajoute-t-elle. Voici ce qui en ressort.

La desserte de l’Est inévitable

Le secteur de l’Est lyonnais recense actuellement 460.000 habitants. On en annonce 100.000 de plus dans 10 ans. « On peut difficilement ne pas desservir Rillieux-la-Pape, ni éviter le prolongement du métro à l’est », reconnaît Fouziya Bouzerda. Les pistes étudiées consisteraient à prolonger la ligne A, qui s’arrête actuellement à Vaulx-en-Velin, jusqu’à Décines et le site du Grand Montout sur lequel se trouve le Groupama Stadium.

Le Sytral a également regardé la possibilité de créer une « ligne forte » pour relier Genas et l’aéroport Saint-Exupéry à la Part-Dieu. Reste à savoir s’il s’agira d’un tramway ou d’un trolleybus.

Une meilleure desserte de l’est pourrait également passer par un prolongement de la ligne B du métro, au-delà des hôpitaux (prévue en 2023). « Pour un maillage efficace du territoire, il faudrait étendre la ligne jusqu’à Sathonay-Camp et Rillieux dans un sens, et jusqu’à Irigny et l'A450 dans l’autre », avance Fouziya Bouzerda.

Les autres extensions de métro envisagées

Pour raccrocher la ligne C à la ligne B, l’hypothèse avancée est de la prolonger jusqu’au quartier de Montessuy. Et de la moderniser. La ligne D pourrait être également étendue au Nord vers le quartier de l’Industrie et au Sud vers le boulevard urbain sud. Enfin concernant la future ligne E, qui ne devrait pas voir le jour avant 2030, elle pourrait être prolongée, à un horizon plus lointain, vers Craponne à l’Ouest et vers Bron-Porte des Alpes à l’Est. Mais là encore, ce ne sont que des pistes de réflexion.

Le téléphérique : une solution peu pratique

Des études ont été réalisées pour savoir s’il était possible de relier par les airs plusieurs quartiers : Rillieux à Décines en passant par le Grand parc, Caluire à Vaise et Francheville à Gerland. Mais à l’évidence, ces projets s’annoncent difficiles à réaliser. L’une des contraintes évoquées : l’implantation des pylônes et des différentes stations s’annonce déjà compliquée au regard de la topographie des lieux. Le coût, non négligeable à savoir en moyenne 30 millions d’euros par kilomètre, pourrait également être un frein. Même s’il reste inférieur à celui du métro. « Ce n’est pas si cher que cela, ni si rapide à réaliser », résume Fouziya Bouzerda.

Les navettes fluviales : une alternative peu rapide

Et si les bateaux devenaient un vrai mode de transport intégré au Sytral ? L’idée a germé dans la tête des élus, qui ont étudié les possibilités de créer deux liaisons : l’une sur la Saône, l’autre sur le Rhône. A l’évidence, l’idée est séduisante mais ne permettrait pas de se déplacer rapidement. La fréquence en heure de pointe serait de 15 minutes. Une éternité pour les travailleurs pressés. La vitesse de navettes serait poussée à 18 km/h contre 12 km/h aujourd’hui. Concrètement, il faudrait néanmoins 47 minutes pour rallier Vaise de Confluence par la Saône et 30 minutes pour rejoindre la Halle Tony-Garnier en partant de la Cité Internationale, côté Rhône.