La discrimination ne reste pas à quai

Audrey Henrion - ©2008 20 minutes

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La discrimination raciale a-t-elle freiné sa carrière ? Djalil, français de 43 ans d'origine togolaise, était hier devant le conseil des prud'hommes de Lyon. Il demandat réparation à son employeur, la Compagnie internationale des wagons-lits, pour discrimination ethnique et non respect de l'égalité de traitement. En dix-huit ans de carrière, l'homme n'a obtenu qu'une seule promotion, passant de manutentionnaire en 1990 à agent d'accueil en 1994. « Cela fait quatorze ans que je n'avance plus, déplore-il. Alors que j'ai passé des diplômes de comptabilité en 1997 et 2003 pouvant me permettre de devenir cadre. »

Devant les conseillers prud'homaux, son avocate Jeanne Ciuffa a rappelé que le supérieur direct de Djalil (prénom d'emprunt) avait recommandé deux fois à la direction de cette filiale du groupe Accor de « l'aider à accéder à un poste d'auditeur ou de contrôleur de gestion ». Au nom de l'employeur, l'avocate Catherine Charmes a notamment rappelé que la fermeture du service comptabilité de Lyon ne pouvait pas permettre la promotion de ce salarié. Hasard ou pas, Djalil a obtenu, le 2 septembre dernier, au lendemain d'un renvoi du procès, une augmentation de 15 % et le statut d'agent de maîtrise. « C'est l'un des mérites de cette procédure », a lancé Myriam Plet, l'avocate de SOS Racisme. « C'est de l'opportunisme et cela n'efface pas le sentiment d'injustice », souligne le plaignant. Il réclame 155 186 euros de dommages et intérêts, calculés sur des rappels de salaire. Délibération le 26 janvier 2009.