Lyon : Le festival Lumière, un « tremplin » pour aider des femmes souffrant de troubles alimentaires à « reprendre pied »

INSERTION La festival de cinéma dévéloppe un volert insertion depuis trois ans et accueille pour la première fois, parmi ses bénévoles, des patientes de la clinique Saint-Vincent-de-Paul

Caroline Girardon

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Cette année, le festival Lumière a intégré 5 jeunes femmes souffrant de troubles alimentaires dans ses équipes de bénévoles.
Cette année, le festival Lumière a intégré 5 jeunes femmes souffrant de troubles alimentaires dans ses équipes de bénévoles. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Si le festival Lumière (12-20 octobre) accueille à Lyon les plus grandes stars du cinéma, il développe en parallèle un volet insertion.
  • Pour la première fois, un partenariat est noué cette année avec un établissement accueillant des jeunes femmes souffrant de troubles alimentaires.
  • Elles intégreront pendant une semaine les équipes de bénévoles pour les aider à retrouver la confiance en elle.

La courte expérience vécue l’an dernier lui avait secrètement donné l’envie de faire « partie de l’équipe », de vivre collectivement des moments forts. Il y a un an, Sarah étudiante lyonnaise, s’était rendue avec une amie découvrir Certains l’aiment chaud , classique du 7e art projeté dans le cadre du festival Lumière.

« Voir les bénévoles soudés, sourire… L’ambiance chaleureuse, c’est quelque chose qui m’avait parlé », confie la jeune femme de 20 ans. Douze mois plus tard, la voici intégrée dans le staff parmi les 900 volontaires qui œuvrent en coulisse ou au service des visiteurs.

Une transition pour reprendre pied dans la vie normale

Si le festival Lumière, qui se déroule jusqu’au 20 octobre à Lyon, accueille les grandes stars du cinéma, il met un point d’honneur à développer chaque année un volet « insertion ». Depuis trois ans, il offre ainsi l'opportunité à des personnes réfugiées, des bénéficiaires du RSA, des sortants de prison ou des demandeurs d’emploi d’avoir une première expérience professionnelle en intégrant l’équipe de bénévoles. Cette année, il s’est également associé pour la première fois à la clinique Saint-Vincent-de-Paul, spécialisée dans l’accompagnement des patients souffrant de troubles alimentaires.

Rompre avec le quotidien

Cinq jeunes femmes ont obtenu une autorisation de sortie pour pouvoir participer en tant que bénévoles au festival. Le cas de Sarah est légèrement différent. Elle vient de quitter définitivement l’établissement après un séjour de quatre mois. « C’est une super transition pour reprendre pied dans la vie normale, sourit-elle. Ce projet va me permettre de rencontrer de nouvelles personnes, d’intégrer une équipe. C’est bien moins déstabilisant que de se retrouver toute seule, un peu lâchée dans la nature ».

« Proposer à ces jeunes femmes de participer à la fête peut contribuer à leur redonner confiance », explique Cécile Bourgeat, secrétaire général du festival. Et d’ajouter : « C’est une joie à partager. Ici, on vous regarde de façon neutre. Vous faites partie d’une équipe, vous êtes une personne parmi les autres ». Ce que confirme Sarah, chargée jusqu’à la fin de la d’accueillir le public lors des différents événements et d’installer les salles.

« Recevoir les gens avec le sourire, ça peut paraître anodin mais c’est important », appuie-t-elle, les yeux pétillants. Et de confesser : « Voir de nouvelles têtes me fait du bien. Cela permet de rompre avec le quotidien de ces derniers mois ». Un quotidien fait de privation au début. « Pendant quasiment deux mois, je n’avais pas droit à Internet, au téléphone. J’avais également choisi de ne pas prendre la télévision… Alors le cinéma m’a manqué. Lors de ma toute première permission, je me suis précipitée au cinéma », poursuit la jeune femme, fille de cinéphile.

« Cette expérience devrait leur servir de tremplin dans la vie »

Lorsque ses missions lui laisseront un peu de temps, Sarah a prévu de se rendre à plusieurs projections, notamment celle du ciné-concert de La Roue et à la Nuit du « Parrain ». « Je n’ai encore jamais passé toute une nuit complète au cinéma. Et cela me motive particulièrement », poursuit-elle.

« Ces cinq jeunes femmes sont toutes très investies. Cette expérience devrait leur servir de tremplin dans la vie. Le fait de savoir qu’elles sont attendues, que l’on compte sur elle, on le voit bien, cela redonne une certaine fierté », conclut Cécile Bourgeat.

Une projection est par ailleurs organisée à la Clinique Saint-Vincent-de-Paul lundi 14 octobre à 16 heures. Il s’agit du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat en présence de Karole Rocher.