VIDEO. Incendie à Villeurbanne : Quels risques pour l’environnement ?

POLLUTION Selon la start-up Meersen qui a procédé aux premiers relevés, l’incendie « n'est en rien comparable à celui de Rouen »

Caroline Girardon

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Après l'incendie de Villeurbanne, des questions se posent sur l'impact environnemental.
Après l'incendie de Villeurbanne, des questions se posent sur l'impact environnemental. — Romain Lafabrègue/ AFP
  • Après l’incendie de Villeurbanne, qui a ravagé 55 entreprises mardi matin, les questions se posent concernant les risques sur la santé et l’environnement.
  • La préfecture se veut rassurante.
  • Selon la start-up Meersen qui s’est penchée sur la question, l’incendie « n’est en rien comparable à celui de Rouen ». Des interrogations se posent toutefois sur la présence de batteries au lithium.

D’épaisses fumées noires, impressionnantes, qui posent question. Le gigantesque incendie, qui a ravagé mardi une pépinière d’entreprises à Villeurbanne, près de Lyon, n’a pas manqué de susciter des interrogations. A commencer par celle de l’impact sur l’ environnement et la santé des habitants.

Sur ce sujet, la préfecture du Rhône s’est voulue rassurante. Si elle évoque « une dégradation de la qualité » de l’air en raison d’un « accroissement de poussières » dans l’atmosphère, elle précise que les premières analyses et mesures effectuées par les sapeurs-pompiers n’ont révélé « aucune substance dangereuse pour la santé ».

Les analyses seront reconduites ces prochains jours. Des analyses auxquelles est associée la start-up Meersens, dont les locaux ont été en partie détruits dans l’incendie. La société, qui s’était fait connaître en développant une application et un boîtier permettant de mesure la qualité de l’environnement, a déjà commencé à effectuer des premières mesures mardi. Tout en recueillant les nombreux retours d’habitants qui ont lancé des alertes se plaignant de nausées en raison des fortes odeurs de fumée.

« L’incendie n’est en rien semblable à celui de Rouen ou de la cathédrale Notre-Dame »

« Les risques liés à l’incendie ne diffèrent pas des risques qui découlent d’incendie de bâtiments traditionnels. Les panaches de fumées restent toxiques si l’on se trouve à l’intérieur de ceux-ci », précise Julie Fessy, porte-parole de la start-up. Par chance, l’incendie s’est déclaré tôt sans qu’aucun salarié ne soit présent.

Si le spectre de Lubrizol plane sur les esprits depuis mardi, la jeune femme est catégorique : « Même si l’incendie a été visible de très loin et était impressionnant, il n’est en rien semblable à celui de Rouen ou de la cathédrale Notre-Dame », assure-t-elle. Pour plusieurs raisons : le bâtiment qui a brûlé n’est pas classé Seveso. Et la présence de plomb et d’amiante « en faible quantité » ou « conforme aux normes » ne laisse pas supposer de « risques avérés sur la santé ».

« Impact moindre »

« La réelle interrogation porte sur la présence de batteries au lithium, qui étaient stockées en grande quantité dans l’un des entrepôts détruits par le feu, poursuit Julie Fessy. Les fumées dues au lithium, qui est un composant très réactif, sont toxiques et irritantes pour les voies respiratoires. Au-dessus de 200°C, le lithium s’enflamme et donne naissance à l’oxyde de lithium, composé caustique. Après ingestion par voies respiratoires ou digestives, les composés sont distribués dans tout l’organisme, y compris le lait maternel ». Ils s’évacuent uniquement par voie urinaire.

« Si vous n’avez pas été dans les panaches de fumée, il n’y a pas d’inquiétude à avoir par rapport à la toxicité du lithium », ajoute Julie Fessy, confiante sur les futurs résultats d’analyse. « Ils devront normalement confirmer que l’impact est moindre voire inexistant. Sauf pour les pompiers bien plus exposés mais ils portaient des masques », rectifie-t-elle.

Ces prochains jours, il est conseillé d’éviter de faire des efforts intenses si vous vous trouvez à proximité de la zone d’incendie. Et de bien se laver les mains, notamment celles des enfants qui jouent à l’extérieur, dans les environs du campus de Bel-Air.