VIDEO. Incendie à Villeurbanne : « On a tout perdu », se désolent les entreprises « sous le choc »

ECONOMIE Un gigantesque incendie a ravagé 55 sociétés mardi matin à Villeurbanne 

Caroline Girardon

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Un gigantesque incendie a ravagé mardi matin 55 entreprises et start-up à Villeurbanne.
Un gigantesque incendie a ravagé mardi matin 55 entreprises et start-up à Villeurbanne. — Romain Lafabrègue/ AFP
  • 55 entreprises et start-up ont été détruites mardi matin dans un gigantesque incendie à Villeurbanne.
  • Certaines, qui ont tout perdu, vont devoir repartir de zéro.
  • Une réunion était prévue ce mardi avec les services de l’état pour leur proposer des solutions d’hébergement temporaires.

« On a tout perdu ». A l’heure du premier bilan, le désarroi est palpable. Mardi matin, un gigantesque incendie a ravagé une pépinière d’entreprises située dans le quartier Bel-Air de Villeurbanne. Cinquante-cinq sociétés ont été détruites ou fortement endommagées, à l’image de la start-up Meersens, qui a développé une application et un boîtier pour mesurer la qualité de l’environnement. « Tous nos prototypes sont partis en fumée. Nous étions dans une phase de pré-industrialisation. Aujourd’hui, nous n’avons plus grand-chose : plus de bureau, plus d’ordinateur, plus de supports de communication, plus aucun document », se désole Julie Fessy. Et d’ajouter : « Mais nos pertes sont moindres comparées à d’autres sociétés ».

Hease Robotics a été plus durement touchée. « Nous sommes rendus sur place avec nos associés et ça a été un véritable choc. L’équipe est traumatisée », raconte Jade Le Maître, cofondatrice de la start-up lyonnaise qui emploie 16 salariés. « Tout notre stock de robots a disparu. C’est une perte sèche énorme », explique la jeune femme qui évalue le montant des dégâts à plus d’un million d’euros.

Un élan de générosité « incroyable »

« Il va nous falloir entre huit et dix mois pour ressortir un robot. En attendant qu’est-ce que je vais faire de l’entreprise, des salariés, comment va-t-on pouvoir livrer les clients ? », s’interroge-t-elle. Soulignant toutefois « l’élan de générosité incroyable » depuis mardi matin : « Tout l’écosystème se serre les coudes. Nous avons des amis entrepreneurs qui nous ont appelés pour nous proposer des solutions temporaires d’hébergement, pour aller boire un verre, pour nous réconforter ».

« La French tech digital nous soutient, ça fait chaud au cœur », abonde Julie Fessy. Les apéros organisés chaque semaine, les séances de sports collectives ont soudé les différentes équipes au fil des semaines. « Aujourd’hui, ce n’est pas chacun pour soi mais on se mobilise tous les uns pour les autres », ajoute-t-elle.

« On va pousser les assurances et les banques à réagir très vite »

Une réunion était prévue mardi à 17h30 avec la mairie de Villeurbanne et la Métropole afin de recenser les besoins de chacun. « L’objectif est d’éviter toute rupture d’activité des entreprises même si on sait que certaines doivent repartir de zéro. Ce n’est pas seulement leur trouver des nouveaux locaux temporaires mais c’est aussi les soutenir dans leurs démarches administratives pour les aider à repartir », explique l’entrepreneur Bruno Bonnell, député LREM de la 6e circonscription du Rhône. Et d’ajouter : « On va pousser les assurances et les banques à réagir très vite ».

Jade Le Maître attend d’ailleurs beaucoup de cette réunion et « des pouvoirs publics » pour « bouger les assurances ». « On a besoin d’argent pour relancer la production. Des locaux ne suffiront pas. Sans argent, ça me fait mal au cœur de le dire, la société sera en péril. On a vraiment besoin d’un soutien monétaire », conclut-elle avouant se sentir « totalement impuissante ».