Lyon : Millésimes légendaires, Mercedes, soupières, des biens de Paul Bocuse vendus samedi aux enchères

GASTRONOMIE L’argent sera ensuite reversé à la Fondation Paul Bocuse pour aider les apprentis cuisiniers

Caroline Girardon

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Une partie des biens de Paul Bocuse (dont sa Mercedes) sera vendue le 5 octobre aux enchères.
Une partie des biens de Paul Bocuse (dont sa Mercedes) sera vendue le 5 octobre aux enchères. — Maison Gérald Richard
  • Les Puces du Canal accueilleront samedi une vente aux enchères exceptionnelle.
  • Plus d’une centaine de biens de Paul Bocuse seront cédés.
  • L’argent sera reversé à la Fondation Paul Bocuse.

Des objets chéris au fil des années, qui témoignent de la vie d’un chef d’exception. Samedi, une partie des biens du défunt Paul Bocuse sera vendue aux enchères. L’événement se déroulera aux Puces du Canal au profit de la Fondation Paul Bocuse.

« Une longue réflexion a été entamée avec l’Institut Paul Bocuse. Après son décès, beaucoup de demandes ont été adressées pour récupérer des objets lui ayant appartenu. Il était difficile de favoriser un ami plutôt qu’un autre, difficile également de partager équitablement », explique le commissaire-priseur Gérald Richard qui animera cette vente. « Elle fera office de juge de paix, tout le monde aura sa chance et les biens seront distribués en toute transparence », assure-t-il.

120 pièces de collection

Parmi les 120 pièces proposées, les visiteurs pourront ainsi acquérir de la vaisselle dont les fameuses soupières Valéry Giscard D’Estaing et du mobilier, installé autrefois dans l’Auberge de Collonges-au-Mont-d’Or, le restaurant historique du chef lyonnais. Des bouteilles de vins seront également mises aux enchères dont l’une datant de 1926, l’année de naissance de « Monsieur Paul ». « Il s’agit de crus pour la plupart, des vins qu’on ne peut plus mettre à la carte d’un restaurant car ils sont désormais anciens. Mais nous avons dans le lot des millésimes mythiques », précise Gérald Richard évoquant surtout « des objets de collection et non de consommation ».

Les pièces les plus disputées seront sans doute les deux voitures du chef triplement étoilé : une Mercedes-Benz 500 SEL et une Mercedes Benz classe G dont la mise à prix est de 20.000 euros et pour laquelle plusieurs acheteurs se sont déjà manifestés. « Des restaurateurs qui ont un nom et qui ont parfois travaillé avec Paul Bocuse se sont montrés intéressés », révèle le commissaire-priseur sans livrer davantage de précisions. Et d’ajouter : « Ce ne sont pas de simples automobiles. Paul Bocuse est devenu un héros national en revisitant la gastronomie. C’est quelqu’un qui a beaucoup transmis, qui a fait école ».

Un engouement qui ne se dément pas

« Monsieur Paul était une figure du paysage lyonnais, un monument. Il restera dans l’histoire de la ville. Mais à l’échelle nationale, il a une tout autre dimension et fait partie des chefs mythiques. C’était un chef dans tous les sens du mot. Il était respecté, il avait une autorité. C’était un gros travailleur et surtout il a su transmettre son savoir », relate Gérard Richard « surpris » par l'« engouement » suscité par l’événement.

Des acheteurs venus de Suisse ou du Japon ont appelé pour se manifester et s’inscrire à la vente. Les fonds récoltés serviront ensuite à financer la formation des apprentis cuisiniers.