Lyon : Du sursis requis contre deux policiers après des violences commises sur deux étudiants

PROCES Les faits se sont déroulés au mois de février dernier, quand deux jeunes ont été frôlés par une voiture de police

20 Minutes avec AFP

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Le palais de justice de Lyon. (illustration)
Le palais de justice de Lyon. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

Des peines de prison avec sursis ont été requises, vendredi, à l’encontre de deux policiers jugés à Lyon pour des violences commises sur deux étudiants, qualifiées de « gratuites » par le parquet. « On ne peut pas intervenir à chaud parce qu’on est énervé quand on est policier », a souligné dans son réquisitoire la procureure adjointe Karine Malara.

Les faits remontent à la nuit du 21 au 22 février. Deux amis d’une vingtaine d’années rentrent d’une soirée arrosée dans le centre de Lyon quand ils sont frôlés par une voiture de police : l’un d’eux proteste de vive voix. Les policiers affirment avoir été insultés, ce que les deux jeunes démentent. S’ensuit une intervention au cours de laquelle l’un d’eux tombe après avoir été poussé. Il se relève et reçoit ensuite des coups, selon l’accusation, tandis que l’autre jeune proteste en reprochant aux policiers de s’en prendre à son ami « parce qu’il est arabe », selon leur avocat.

On est clairement hors du cadre»

Tandis qu’ils s’éloignent, un policier revient vers eux et fait chuter ce deuxième jeune en pratiquant « une balayette » : la chute, lourde, occasionne une fracture du poignet et 90 jours d’ITT. A la barre, les deux fonctionnaires, âgés de 33 ans, évoquent des gestes « involontaires » de leur part, en réponse à une attitude agressive. Ils affirment, en outre, avoir déjà été insultés, plus tôt dans la soirée, par l’une des victimes.

« A aucun moment mes clients n’ont dit de parole outrageante, ni eu de geste menaçant », rétorque l’avocat de celles-ci, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, qui dénonce « une expédition punitive » fondée sur « un quiproquo ». En défense, Me Gabriel Versini-Bullara ne veut pas croire, lui, que les deux policiers soient « assez sots et idiots pour se fourvoyer » ainsi dans un quartier « "cafi" de vidéosurveillance ».

La scène, en effet, a été partiellement filmée et les images, visionnées par les parties à l’audience, montrent qu’il n’y a « plus de nécessité d’intervention » au moment du balayage, estime la procureure en pointant l’absence d’appel radio ou de procédure. « On est clairement hors cadre », a-t-elle déclaré en réclamant deux et quatre mois de prison avec sursis à l’encontre des fonctionnaires, sans inscription à leur casier judiciaire (volet B2) afin qu’ils puissent continuer à exercer. Jugement le 14 octobre.