Lyon : La SNCF a trois mois pour trouver des solutions pour désengorger la ville saturée par le trafic ferroviaire

RESEAU FERRE Le débat public sur le nœud ferroviaire lyonnais, qui s’est achevé à l’été, n’a pas permis de dégager un consensus

Caroline Girardon

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Des rails SNCF. (Illustration)
Des rails SNCF. (Illustration) — VINCENT WARTNER / 20 Minutes
  • Le débat public sur l’aménagement du nœud ferroviaire lyonnais étant clos, la SNCF a désormais trois mois pour répondre et trouver des solutions pour désengorger le territoire.
  • Les concertations, menées pendant trois mois, n’ont pas permis de dégager un consensus.
  • Aucun des projets proposés ces dernières années n’a été concrétisé.

Les débats sont clos. Maintenant, quelles solutions ? La SNCF dispose désormais de trois mois pour donner suite au projet et trancher dans le vif du sujet. Le débat public sur le nœud ferroviaire lyonnais, qui est le plus fréquenté de France, est terminé. Mais les trois mois de consultation n’ont pas réellement permis de dégager un consensus, notamment sur la création de nouvelles voies qui permettraient de traverser et désengorger Lyon, au cœur de laquelle 12 lignes de chemin de fer convergent.

« Il y a une vraie urgence. On est ici dans une configuration de saturation complète. La situation ne s’arrangera pas compte tenu de l’évolution démographique très forte », prévient Chantal Jouanno, présidente de la commission nationale du débat public (CNDP).

« Un horizon bien trop lointain »

« Les solutions envisageables sont prévues à un horizon bien trop lointain. Les gens ne peuvent pas attendre 20 ans pour voir la réalisation du nœud ferroviaire. Ils ont besoin d’amélioration au quotidien et rapidement », poursuit Jean-Claude Ruysschaert, président de la CPDP. « Il faut désormais des actes clairs et des réponses claires », renchérit l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie, pointant du doigt qu’il s’agit du « 5e voire 6e débat engagé » en Auvergne-Rhône-Alpes sur les infrastructures de transport. « De tous les projets proposés jusque-là, aucun n’a été officiellement abandonné mais aucun n’a été clairement décidé et mis en œuvre », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « On a le sentiment qu’on réinvente la poudre à chaque fois pour éviter de prendre le risque de décider. »

La balle est désormais dans le camp du maître d’ouvrage, à savoir SNCF Réseau. Ce dont a conscience Maxime Chatard, directeur régional adjoint du groupe en région Auvergne-Rhône-Alpes. « Les travaux réalisés en gare de la Part-Dieu pour améliorer la régularité et la circulation des trains ne peuvent pas tout régler. Ils ne permettent pas d’ajouter des trains supplémentaires, admet-il. L’idée est de pouvoir doubler la capacité des TGV, du fret, des TER et de disposer d’un réseau qui le permet. Nous avons entendu le besoin d’agir tout de suite et nous rendrons notre décision le 11 décembre ».

Ces trois prochains mois, SNCF Réseau promet d’étudier des solutions à court terme comme « la desserte au quart d’heure ». « Mais nous ne sommes pas les seuls à pouvoir décider. Il nous faudra l’appui de l’Etat ou du Sytral [syndicat mixte qui gère les transports en commun lyonnais] », affirme Maxime Chatard. Un point de vue partagé par Chantal Jouanno. « Il est évident que le projet ne pourra pas se faire sans directives politiques », conclut-elle.